Luttes sociales

Le CRAN Réunion demande un Observatoire social de La Réunion

Jeunesse réunionnaise dans la précarité

Témoignages.re / 25 février 2013

Dans un communiqué, le CRAN Réunion, face à la situation dans laquelle se trouve la jeunesse réunionnaise, appelle « à réorganiser notre modèle sociétal afin de parvenir à davantage d’équité et à meilleur mode de redistribution des richesses ».

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Le malaise de la jeunesse réunionnaise ne cesse de gagner du terrain dans l’île et se manifeste par des poussées de fièvre ici et là. Cette situation, qui touche les quartiers les plus exposés au chômage et à l’exclusion, montre les limites d’un système. Comment pouvons-nous continuer à fonctionner avec, d’un côté, près de 60% de jeunes de moins de 25 ans au chômage et, de l’autre, un taux de personnes redevables de l’ISF aussi élevé ? Ces éléments doivent nous pousser à réorganiser notre modèle sociétal afin de parvenir à davantage d’équité et à meilleur mode de redistribution des richesses.

Notre île se trouve actuellement face à son incohérence et nous devons en tirer les leçons. Oui, des solutions existent et doivent se concrétiser rapidement si nous souhaitons redonner confiance aux Réunionnais.

Aux élections régionales de 2010 et aux cantonales de 2011, le CRAN Réunion avait appelé nos élus réunionnais à mettre en place une politique audacieuse. Construire des routes, c’est nécessaire, mais cela ne doit pas faire oublier le caractère crucial de l’urgence sociale. Si la nouvelle route du littoral apportera son lot d’emplois, il faut une vision qui aille au-delà. Nous l’avons vu avec la route des Tamarins. Les lendemains ont été douloureux.

La première étape visant à tendre vers la constitution d’un modèle alternatif de société consiste à faire le bilan des dysfonctionnements de la société réunionnaise. Contrairement à ce qui est couramment avancé, le diagnostic de la situation réunionnaise n’a pas été fait. La juxtaposition de données chiffrées n’en est pas un. Un vrai diagnostic suppose et exige une démarche de concertation de toutes les parties prenantes : élus, associations, syndicats et, bien entendu, les citoyens. Les États généraux de l’Outre-mer (EGOM) initiés après les événements qui ont secoué les Départements d’Outre-mer en 2009 ont été une occasion ratée.

Cette démarche collective doit par ailleurs se doubler d’une analyse « scientifique » des dysfonctionnements de notre société. Pour ce faire, nous avons préconisé à plusieurs reprises :

- La mise en place un Observatoire social de La Réunion.

- La création d’une vraie Faculté en Sciences sociales avec des départements de Sociologie, de Psychologie ou encore de Sciences politiques à l’Université de La Réunion.

Il est capital que le Réunionnais arrache son autonomie d’homme.

Il est aujourd’hui capital de passer à cette étape de diagnostic sans complaisance et sans tabous afin de penser un modèle alternatif de société. Ou nous continuons à soutenir une société réunionnaise qui s’autodétruit, ou bien nous décidons de grandir en « réyoné », c’est-à-dire d’être les acteurs de notre propre changement. Nous n’assisterons plus ainsi au spectacle lamentable de jeunes se faisant déloger manu militari parce qu’ils exigent le droit de travailler.

Le CRAN Réunion,

Erick Murin

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Qui sème le vent récolte la tempête

Voici un communiqué de Solidaires 974 sur les évènements de ces derniers jours où des jeunes en arrivent à des actes de violence face au ras le bol du chômage.

Après avoir subi la violence institutionnelle à l’école, la violence sociale, il était prévisible que des jeunes, sans perspectives d’avenir et désœuvrés, y répondent par la violence.

Une société qui tolère un niveau de chômage aussi élevé pour ses jeunes est malade. Sans autre horizon que celui des allocations qui permettent de vivoter et les contrats aidés, synonymes de précarité et clientélisme, la désespérance et ses conséquences sont réunies.

Si nous déplorons la violence et les destructions matérielles, nous comprenons aussi leur révolte pour échapper à une mort sociale précoce.

Entendons-les et proposons-leur des formations concrètes, de vrais stages qualifiants et des perspectives d’embauche pour ne plus vivre l’insécurité liée à la précarité et l’assistanat.

Solidaires 974 s’associe à leur demande d’intégration dans la société active afin de sortir du conflit et invite les autorités à s’interroger sur les causes profondes de cette désespérance. Il est temps d’engager une réflexion au long cours en matière de culture scolaire, d’accompagnement à l’emploi et de création d’emplois.

N’oublions pas que l’école a un grand rôle à jouer et qu’elle a subi des attaques sans précédent ces dernières années. La "refondation" promise par le nouveau gouvernement ne changera malheureusement en rien un système scolaire inégalitaire. Sachons penser autrement une école attentive aux différences, qui fait de celles-ci des atouts pour l’épanouissement au sein d’une société plus juste et solidaire.

Solidaires 974


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