Luttes sociales

Le directeur de l’École de Bras Creux est en grève de la faim

Éducation nationale

Sophie Périabe / 19 février 2011

Depuis la rentrée scolaire de janvier, le poste de secrétaire de l’École de Bras Creux a été supprimé. Les parents d’élèves ont manifesté dernièrement, c’est aujourd’hui au tour du directeur de l’école, qui a entamé une grève de la faim depuis mardi.

C’est par mail le 14 décembre dernier que Patrick Olivier, directeur depuis 2 ans de l’École de Bras Creux au Tampon, apprend que le poste de secrétaire attribué à son école va être supprimé.
Deux jours plus tard, il reçoit un courrier du Rectorat qui confirme la suppression de poste.
Dès la rentrée scolaire, le directeur de l’école alerte l’Inspection académique sur les difficultés rencontrées au quotidien dans la gestion de l’établissement.
« Je suis seul pour assurer l’accueil des enfants, des parents, soigner quand il le faut », bref assurer le travail de deux personnes.
Les parents d’élèves ont bien tenté d’obtenir la réintégration de la secrétaire, en vain. « Ils n’ont eu aucune réponse », raconte Patrick Olivier.
La municipalité s’est quant à elle déchargée de toute responsabilité dans cette affaire, puisqu’il s’agit là d’une compétence du Rectorat.
Mardi dernier, le directeur de l’école a tenté d’obtenir gain de cause auprès de l’inspecteur d’Académie et son adjoint lors d’une réunion. Mais là encore, « ils n’ont apporté aucune solution ». Pourtant, Patrick Olivier a bien stipulé qu’il était incapable, seul, d’assurer la sécurité de 378 enfants.
Pour le directeur de l’école, aujourd’hui, « la coupe est pleine. On en a vraiment ras le bol. On nous supprime des postes d’enseignants, on essaie de faire avec. Je viens d’apprendre que le dispositif spécifique d’accueil pour les élèves mahorais dans mon école allait peut-être être fermé, de même que la classe RASED pour les élèves en difficulté maintenant suffit », martèle Patrick Olivier.
Cette école n’est malheureusement pas la seule à être concernée par les suppressions de postes. « Au Tampon notamment, les 41 écoles sont touchées. Beaucoup ont entamé des actions, moi j’ai choisi la grève de la faim et j’irai jusqu’au bout », assure le directeur.

 SP 


Kanalreunion.com