Luttes sociales

« Le gendarme s’est montré très arrogant »

Réaction de Gélita Hoarau suite à l’arrestation du représentant de l’UNL, Alexis Chaussalet

Sophie Périabe / 18 février 2011

Suite à la manifestation lycéenne contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale organisée mardi dernier devant le Lycée Roland Garros, le représentant fédéral de l’UNL, Alexis Chaussalet a été arrêté hier matin et placé en garde en vue.

Des lycéens, enseignants, parents d’élèves, syndicalistes, parlementaires se sont spontanément rendus devant la gendarmerie du Tampon pour demander la libération immédiate du jeune lycéen.
Gélita Hoarau, sénatrice de La Réunion, a été interpellée par les amis d’Alexis Chaussalet.
« Les gendarmes sont venus l’interpeller très tôt le matin à son domicile », raconte la sénatrice.
« Ces amis m’ont ensuite appelé pour me demander si je pouvais faire quelque chose ».
Très rapidement, la mobilisation s’organise et plusieurs dizaines de personnes se retrouvent devant la gendarmerie du Tampon.
« La mère d’Alexis, Huguette Bello et moi-même sommes allées demander des informations aux gendarmes », poursuit Gélita Hoarau.
Arrivées à l’intérieur, la mère du jeune et les parlementaires ont eu droit à un accueil glacial.
« Le gendarme s’est montré très arrogant et a montré la volonté de ne pas discuter avec nous. Il nous a dit qu’il n’avait pas le temps, qu’il n’avait pas d’information à nous donner ».
Très vite, l’agent les ordonne de quitter immédiatement les lieux.
La sénatrice s’est dite indignée par la réaction de ce gendarme. « Il nous a parlé comme si on était des voyous, on pensait que c’était une époque révolue ».
Dehors, le ton monte d’un cran. Les jeunes, à l’aide de mégaphone, crient leur solidarité à Alexis Chaussalet.
Finalement, seule Huguette Bello est invitée à entrer pour avoir quelques informations.
La mère du jeune et la sénatrice doivent, quant à elle, rester à l’extérieur. « C’est inadmissible, nous sommes dans la République française. Nous sommes deux parlementaires en solidarité avec la famille et les amis du jeune. Je considère que j’avais aussi le droit de savoir. Et puis, nous sommes dans un lieu public », s’indigne Gélita Hoarau.
« Est-ce qu’en France métropolitaine, on aurait agi de la sorte avec une parlementaire ? », s’emporte la sénatrice.
En fin de matinée, le jeune Alexis Chaussalet a finalement été relâché et s’est dit choqué.
Le jeune garçon a été déshabillé, menotté, interrogé pour répondre aux accusations d’outrage à agent, entrave à la circulation et vols de bidons de chantier.
Selon le SNES, il ne s’agit que d’un « prétexte et une manoeuvre d’intimidation des lycéens qui luttent légitimement contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale ».Il devrait recevoir dans les 6 prochains mois une convocation du procureur de la République.

 SP


SGEN-CFDT : « condamne la garde à vue de mineurs »

Jean-Pierre Rivière, secrétaire général de l’UIR-CFDT, donne le sentiment de ce syndicat sur la « garde à vue de lycéens » .

« L’UIR-CFDT (l’Union interprofessionnelle de La Réunion) par la voix du SGEN condamne la garde à vue de mineurs manifestant pour leur avenir.

Quatre lycéens, dont le représentant de l’UNEL Alexis Chausselet, ont été placés en garde à vue (…).

Le SGEN-CFDT s’indigne de telles pratiques policières alors que les faits qui leur sont reprochés (s’ils sont avérés) se sont déroulés dans le cadre d’une action contre les suppressions de postes dans l’Education nationale. (…) ».


Lycée Évariste de Parny : « contre la suppression de postes »

Chrystel Combe, représentante des personnels du Lycée Évariste de Parny à Plateau Caillou (Saint-Paul), évoque la situation de cet établissement scolaire.

« Les personnels enseignants et d’éducation du Lycée Évariste de Parny ont débrayé hier de 9h30 à 10h30 pour protester contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale en général et dans leur lycée en particulier.
(…) La conséquence concrète de cette dégradation des conditions d’enseignement est une augmentation des effectifs des classes et donc des conditions d’apprentissage détériorées. (…) ».


Lycée de Stella : « le mouvement a été suivi par environ deux tiers des enseignants présents »

Ch. Bois du SNES-FSU de ce lycée souligne « le soutien le soutien explicite de la FCPE de Saint-Leu » dans leur revendication.

« Les enseignants du lycée de Stella (Piton Saint-Leu), réunis mercredi matin en assemblée générale, ont voté une journée de grève hier. Le mouvement (…) a reçu le soutien explicite de la FCPE de Saint-Leu. Nous dénonçons la politique actuelle de casse du service public d’éducation (…) ».


Le LP Vue Belle en grève depuis bientôt une semaine
Les LP Schoelcher et Rontaunay depuis trois jours

Leur revendication commune : « maintien de tous les postes »

Jean-Jacques Perrot, secrétaire académique du SNFOLC et Didier Chebance, secrétaire de SNETAA-FO dans un courrier collectif invitent le personnel de l’Éducation nationale à se retrouver en AG.

« (…) Le SNFOLC et le SNETAA-FO appellent l’ensemble des personnels à se réunir en assemblée générale dans les établissements pour exiger du rectorat, pour chaque établissement : maintien de tous les postes, aucune baisse de DGH, maintien de toutes les options, aucune fermeture de classe (…) ».


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