Luttes sociales

Le Haut Conseil de la commande publique : un machin de plus

À La Réunion, l’UMP se moque des travailleurs et des patrons du BTP

Manuel Marchal / 16 septembre 2010

L’installation du Haut Conseil de la commande publique a donné lieu à un spectacle affligeant où l’on a vu les responsables UMP de la crise actuelle montrer leur incapacité à proposer des solutions face à l’effondrement de l’économie du pays. À huit jours de la venue du Premier ministre, c’est une nouvelle aggravation de la situation.

Vendredi dernier, plusieurs milliers de travailleurs et de patrons du BTP ont manifesté ensemble pour obtenir la relance immédiate des chantiers dans tous les domaines.
Ce sont en effet 10.000 travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause de décisions politiques qui ont plombé le secteur. Le gouvernement a en effet changé les règles de financement du logement, ce qui a permis à l’État de réduire sa contribution et a entraîné une chute de 80% de la production.
Quant aux grands travaux, leur arrêt par des décisions prises ici par Didier Robert notamment, et pas contestées par l’État partenaire des projets a amplifié la crise.
Le résultat est un effondrement généralisé de l’économie, avec plus de 136.000 demandeurs d’emploi. Secteur porteur de notre économie, le BTP est désormais sinistré.
C’est dire que sans action immédiate, les conséquences de la crise risquent d’être irréversibles : 1.500 entreprises sont en effet menacées de liquidation d’ici la fin de l’année. Et il n’y aura plus de structure capable de construire ne serait-ce que les 30.000 logements sociaux qui font défaut aux Réunionnais du fait de la carence de l’État.
C’est donc au moment où la crise économique et sociale atteint un niveau exceptionnel que la seule réponse apportée est une promesse d’augmentation de la commande publique de 10%, sans dire quels seront les projets concernés, les modalités de mise en œuvre et les financements de ces 10%.
Ceci achève de démontrer que ce Haut Conseil de la commande publique n’est qu’une opération de communication destinée à faire croire que l’UMP fait quelque chose. Mais en réalité, les dirigeants UMP au tour de la table, Didier Robert président de Région et Margie Sudre présidente de ce haut conseil, ont exprimé leur incapacité à faire face à une situation qu’ils ont créée eux-mêmes. Loin de désamorcer la crise à moins de neuf jours de la venue du Premier ministre à La Réunion, l’UMP ne fait qu’attiser les revendications.
On comprend donc l’amertume des acteurs du BTP sortis de cette salle avec le sentiment de l’inutilité de telle réunion de telle structure.

M.M.


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