Luttes sociales

Le lycée Patu de Rosemont veut garder ses 9 postes

Éducation nationale

Témoignages.re / 23 février 2011

Le lycée professionnel Patu de Rosemont entame son troisième jour de grève aujourd’hui. Les enseignants grévistes ont voté la reconduction du mouvement et participeront vendredi à la manifestation à Saint-Denis.

Tôt hier matin, ils ont bloqué l’accès à l’établissement. Quelques lycéens ont dû rebrousser chemin, aucun cours n’a eu lieu. Enseignants et lycéens, une soixantaine, ont tenu le piquet de grève devant la cité scolaire pour dénoncer les suppressions de postes à la rentrée 2011. Le lycée Patu de Rosemont devrait perdre 9 postes en lettre-histoire, maths-physique, vente, bois, biotechnologie, sciences médico-sociales… Pour les enseignants, et les lycéens qui les soutiennent, la coupe est pleine.
A la rentrée, des sections vont déménager au lycée de Sainte-Anne. Mais pour les enseignants, ceci n’explique pas tout. « On profite de ce transfert pour supprimer des postes », affirme Julie Pineli, du syndicat Action et démocratie. Depuis 2 ans, les lycées professionnels se sentent visés par la logique budgétaire. La mise en place du Bac pro 3 ans (au lieu de 4 ans) demande aux enseignants de faire avec « moins d’heures de cours pour un programme plus ambitieux ». Les élèves perdraient ainsi 63 heures de cours sur 3 ans.

Crainte de privatisation

Pour les syndicats, les suppressions de postes sont directement liées à cette réforme du Bac pro : « une année de formation en moins égale à 25% d’enseignants en moins ». Les enseignants en grève estiment qu’une centaine de postes ont été perdus en 1 an dans l’enseignement professionnel public, donc dans les 13 lycées professionnels et 16 sections d’enseignement professionnel. Soit 2.000 heures de cours en moins en 1 an pour les élèves.
Aujourd’hui, dans l’académie, 162 postes sont menacés pour le second degré. « 162 postes, c’est l’équivalent d’un établissement scolaire comme Patu de Rosemont », souligne Claudie Aragon, de la FSU.
Les enseignants du lycée Patu de Rosemont dénoncent déjà des effectifs de 36, voire 40 élèves par classe à la rentrée. Dans ces conditions dégradées, comment enseigner ? Les enseignants de Patu de Rosemont craignent « la privatisation de l’Éducation nationale ». Des réunions devaient avoir lieu avec leurs collègues des lycées Jean Perrin (Saint-André) et Bras-Fusil (Saint-Benoît) hier.

EP


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