Luttes sociales

Le préfet de Mayotte refuse de recevoir une délégation d’élus et de syndicalistes

Importante manifestation au 9e jour de la grève générale

Témoignages.re / 8 avril 2016

Hier à Mamoudzou, une manifestation comptant plusieurs centaines de personnes est partie de la place de République pour se diriger vers la préfecture. Des maires, conseillers départementaux, parlementaires et élus avaient rejoint les syndicats. La préfecture est restée fermée, aucune délégation n’a été reçue par le représentant de l’État. La grève générale continue à Mayotte pour obtenir l’égalité réelle.

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Manifestation ouvrant la grève générale mercredi dernier à Mayotte. (photo Emmanuel Tusevo Diasamvu/Mayotte Première)

Mayotte a connu hier un 9e jour de grève générale. Dans plusieurs points de l’île, la population a dressé de nouveaux barrages. L’Intersyndicale appelait à un rassemblement place de la République à Mamoudzou. L’itinéraire prévu devait mener le défilé à la préfecture.

Les syndicats avaient à leurs côtés de nombreux élus : parlementaires, conseillers départementaux de la majorité et de l’opposition notamment. « Nous apportons notre soutien aux grévistes comme nous l’avons annoncé il y a trois jours, et parce que c’est la suite logique de la motion que nous avions signée le 8 décembre dernier, avec les parlementaire et le président de l’association des maires », a indiqué au Journal de Mayotte le président du Conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani.

Plusieurs centaines de personnes ont alors marché vers la préfecture. Une délégation de syndicalistes et d’élus comptait être reçue par le préfet. Elle s’est heurtée aux boucliers des policiers. Aucun dialogue n’a donc eu lieu hier entre le représentant de l’État et les responsables politiques et syndicaux de Mayotte.

Pour l’égalité réelle

Ce refus de discuter a suscité l’indignation de Daniel Zaïdani, ancien président du Conseil général : « Cette marche collective avait été annoncée suffisamment à l’avance pour que le préfet ouvre un espace de dialogue avec les élus que nous sommes et les syndicalistes. Là, nous nous trouvons devant un portail fermé et un mur anti-agression ! Il reste coupé de la réalité actuelle, c’est un symbole fort ! », a-t-il dit au Journal de Mayotte.

Lancée depuis mercredi 30 mars à l’appel des syndicats, la grève générale est fortement soutenue. Les revendications portent sur l’application à Mayotte du Code du Travail, l’égalité des prestations sociales avec la France et de la sur-rémunération avec La Réunion. Ils demandent aussi une revalorisation des retraites. Toutes ces exigences sont regroupées sous le mot d’ordre d’égalité réelle.


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