Luttes sociales

Le prix de l’eau n’augmentera pas à Saint-Leu

Sophie Périabe / 2 mars 2011

Thierry Robert l’a annoncé hier, les familles saint-leusiennes ne verront pas augmenter le prix du mètre cube d’eau cette année, malgré la livraison de deux équipements supplémentaires : une station de potabilisation de l’eau au Plate et une station de traitement des eaux usées à Bois de Nèfles.

« Alors que l’opposition avait annoncé l’année dernière que le prix de l’eau à Saint-Leu allait inévitablement augmenter en 2011, sauf si la commune diminuait sa part communale, on peut dire aujourd’hui qu’ils ont eu tout faux », affirme fièrement Thierry Robert. Le maire de Saint-Leu a réussi à stabiliser le prix de l’eau dans sa commune tout en maintenant sa part communale intacte et en mettant en service deux nouveaux équipements.
Le 1er avril prochain, la commune de Saint-Leu comptera sa première station de potabilisation de l’eau située dans le quartier du Plate et une nouvelle station de traitement des eaux usées à Bois de Nèfles.
Pour parvenir à ce résultat, la commune a commandé un audit qui a été réalisé en 2010. « Cet audit a mis en évidence qu’il y avait un nombre important de leviers qui permettaient de faire baisser le prix de l’eau. Nous avons choisi de compenser par l’intégration de nouveaux équipements dans le service public, d’où la non-augmentation du prix de l’eau », explique Thierry Robert.
Par ailleurs, le maire de la commune pointe du doigt l’ancien maire qui, selon lui, « a mal négocié. D’autre part, nous allons étendre notre réseau dans les prochaines années, nous aurons donc de nouveaux abonnés. Ce nombre d’abonnés supplémentaires compensera également ». Les négociations ont été rudes entre la Mairie de Saint-Leu et la CISE Réunion, seule entreprise à avoir répondu à la consultation. « La CISE a fait de gros efforts sur son coût de fonctionnement », précise le maire. « Notre objectif est d’avoir un impact minimal sur le consommateur. De plus, les conditions de contrat évoluent, les technologies aussi », ajoute le directeur de la CISE Réunion.
Enfin, la municipalité prévoit la fermeture de la station de traitement des eaux usées située à côté du cimetière, « ça fera des économies ».
Pour Thierry Robert, « en fonction de la qualité de l’eau et des équipements, si on veut comparer ce qui est comparable, Saint-Leu fait partie des communes où l’eau est la moins chère ».

La commune a investi au total plus de 8,2 millions d’euros

Pour la commune, ces équipements représentent un investissement considérable. S’agissant de la station de potabilisation de l’eau, sur un coût total de 7,7 millions d’euros, la commune a financé à hauteur de 5,1 millions (Europe : 2,6 millions d’euros et Office de l’Eau : 92.000 euros). « C’était un investissement nécessaire et indispensable. La station permet aux habitants des Hauts d’avoir de l’eau de qualité tout au long de l’année, même en période cyclonique où l’eau est souvent boueuse ».
D’ici la fin 2011, la station d’épuration du cimetière ouverte en 1989 fermera définitivement ses portes, malgré des travaux réalisés sous l’ancienne mandature en 2007 pour un montant de 2 millions d’euros. « Un véritable gaspillage, car ils auraient dû se projeter davantage dans l’avenir », souligne Thierry Robert.
Cette station devenue obsolète et entrainant des nuisances olfactives importantes pour la population sera donc désaffectée et sécurisée. Néanmoins, la démolition n’est pas envisagée, « au cas où ».
Les eaux usées de Saint-Leu et d’une partie des Avirons seront traitées désormais à la nouvelle station de Bois de Nèfles. D’un coût total de 9,5 millions d’euros, elle a été financée par l’Europe à 3,9 millions, par la commune à 3,2 millions et par l’Office de l’Eau à 2,4 millions.
Cette station, dimensionnée pour 13.000 équivalent habitants et extensible à 26.000 équivalent habitants, est une station nouvelle génération et permet ainsi à Saint-Leu de se mettre en conformité avec la directive européenne ERU (Eaux résiduaires urbaines).
A la sortie de la station, l’eau, qualifiée d’eau de baignade, sera rejetée en mer grâce à un émissaire de 400 mètres de long, préservant ainsi la Réserve marine.

 Sophie Périabe 


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