Luttes sociales

Le rapport Lebreton « manque d’ambition »

Conférence de presse de l’AJFER-Nou lé Kapab

C.T. / 22 janvier 2014

Lors de leur point presse hier, les membres de l’AJFER-Nou Lé Kapab ont réagi à la publication du rapport du député-maire de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, missionné sur l’emploi des ultramarins dans leur territoire.

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Pour l’AJFER-Nou lé Kapab, le rapport signé par le député-maire de Saint-Joseph ne remet pas en cause le système à l’origine de tant d’injustices.

A la lecture de ce rapport, Gilles Leperlier affirme qu’il s’agit là « d’un énième rapport », qui est « en contradiction avec celui de Jean-Marc Bédier » présenté à Nicolas Sarkozy en 2012. Des différences « de taille » car « dans le rapport Lebreton, il est dit qu’il n’y a pas assez de jeunes et de personnes compétentes à La Réunion pour occuper les postes disponibles » tandis que dans « le rapport Bédier, il est clairement dit qu’on est le seul territoire avec un vivier suffisant pour occuper tous les postes disponibles à La Réunion ».

Dans le rapport de Patrick Lebreton, « il est dit aussi qu’il y a une incapacité à pouvoir identifier les personnes capables d’occuper les postes disponibles à La Réunion ». Pour Gilles Leperlier et les membres de l’AJFER-Nou Lé Kapab, « finalement, ce rapport manque d’ambition et de volonté politique. On reste dans les intentions mais il n’y a pas de résultat ». « Ce rapport est très loin de répondre à la situation » a affirmé Gilles Leperlier, évoquant les 5 mesures principales du député-maire Patrick Lebreton qui « ne remettent pas en cause le système ».

Des mesures floues

Les « 15 premières propositions sur 25 tournent autour du fait qu’il n’y a pas assez de jeunes formés à La Réunion pour occuper les postes, et face à cela, il propose de mettre en place des formations, des observatoires, des instituts alors qu’il ne manque pas de jeunes formés et diplômés à La Réunion ». Enfin, les 10 dernières propositions concernent les fonctionnaires ultramarins, dont les policiers, avec la question des mutations. « Ce sont les seuls éléments positifs du rapport parce qu’il y a un ciblage fait sur les fonctionnaires qui veulent rentrer à La Réunion et ne le peuvent pas », mais « il n’y a pas de proposition claire pour qu’ils puissent rentrer maintenant », a déploré Gilles Leperlier.

Concernant le retour à l’ancienneté de la demande, « il est possible de faire un décret pour permettre de revenir sur l’ancien système », mais le point d’orgue est « le manque de volonté d’harmoniser le système » des bonus dans l’Éducation nationale pour toute la fonction publique. Cette « harmonisation » permettrait d’« arrêter de faire du cas par cas ».

Globalement, « ce rapport est destiné à l’élite domienne et aux cadres et non à l’ensemble de la population réunionnaise ». Le président de l’AJFER-Nou Lé Kapab a réaffirmé que « ce rapport ne change pas le système », d’autant plus qu’au moment où « ce rapport était en train d’être dessiné, on nommait encore des gens de l’extérieur à des postes à responsabilité ». Une situation due au « choix du gouvernement » pour Gilles Leperlier. Ce dernier a pointé du doigt la responsabilité des dirigeants d’aménager le système actuel et non de permettre aux réunionnais d’accéder à l’emploi pérenne, a laissé entendre le président de l’AJFER-Nou Lé Kapab.

SaiLin

« Beaucoup d’intentions mais peu de résultat »


Pour l’organisation, « il y a d’un côté les discours des hommes politiques et de l’autre la réalité. Dans les faits, la priorité à l’embauche des Réunionnais ce n’était pas automatique, malgré le fait que tout le monde soit d’accord ». Une preuve pour l’AJFER-Nou Lé Kapab qu’il n’y a pas de « volonté du gouvernement » et des dirigeants politiques, car « à la veille des élections, il n’y aura pas un seul candidat qui ne sera pas d’accord avec la priorité à l’embauche des Réunionnais ».

Gilles Leperlier a évoqué les récentes nominations faites par le gouvernement au CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique), et au poste d’ambassadeur délégué à la coopération régionale dans la zone de l’Océan Indien, « où là encore, il y avait des Réunionnais qui avaient postulé, avec les compétences et les connaissances ». Ces deux exemples ont été prit car « ce sont des nominations, c’est le chef du gouvernement qui fait le choix de prendre quelqu’un de l’extérieur alors que ce même gouvernement prône la priorité à l’embauche des Réunionnais ».


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