Luttes sociales

Le redressement de la commune se fera grâce à la raison et au cœur de ses citoyens

Saint-Louis

Cinthia Fontaine / 30 avril 2010

Plus d’un millier d’agents communaux étaient présents hier à l’appel du maire Claude Hoarau. En réponse au préavis de grève lancé par la SAFPTR en totale illégalité, le maire organisait une réunion d’information, afin d’expliquer aux employés de la commune le plan de redressement de la collectivité.

Le maire a tout d’abord tenu a rappeler certains chiffres qui sont « une réalité incontournable » pour Saint-Louis. « Nous n’avons pas le droit de vous donnez des chiffres erronés, nous vous devons la vérité. En 2001, suite à la mandature de mon camarade Guy Ethève et à son travail rigoureux, la commune disposait d’environ 700 agents pour une masse salariale de 17 millions d’euros. En 2008, après 6 années de gestion par Cyrille Hamilcaro, le nombre d’agents communaux avaient grimpé d’une manière vertigineuse pour dépassé les 1.900 emplois pour une masse salariale de 42 millions d‘euros. Quelle commune peut assurer ce choc ? Depuis 2008, la masse salariale a légèrement baissé, elle s’approche de la quantité nécessaire au bon fonctionnement de la commune. Toutefois nous nous sommes appliqués à rétablir une certaine justice car certaines choses ne sont pas acceptables. Des travailleurs embauchés en 1983 ou 85 continuaient à toucher 900 ou 1.000 euros après plus de 20 ans d’ancienneté.

Fin de la précarité

Nous avons donc décidé de titulariser les plus anciens emplois et de relancer les carrières afin que chacun puisse atteindre l’âge de la retraite avec de quoi vivre décemment. Ces personnes qui donnent chaque jour leur vie à la commune l’ont mérité. 1.100 employés ont été ainsi titularisés ce qui donne à Saint-Louis un des plus au taux des communes avec 65% d’emplois titularisés.
Certains m’ont dit de sabrer, de licencier, mais nous nous sommes toujours refusé à envoyer ces pères et ces mères de famille au chômage. Nous avons tout fait pour sortir ses agents de la précarité afin qu’ils puissent avoir des perspectives de vie. Plus personne ne devrait avoir peur d’un lendemain d’élection. Ce n’est pas digne de forces progressistes. Nous sommes ainsi revenus comme en 2001 où de vrais contrats existaient. Nous avons fait évoluer 600 contrats vers des durées indéterminées en 1 an.

« Des efforts pour l’avenir de Saint-Louis »

Actuellement, dans le cadre du redressement financier nous demandons à ses salariés qui ont vu leur salaire augmenté de consentir à un effort de 5% sur leur salaire et sur leur temps de travail. Nous vous demandons ce petit effort comme nous le demandons à tous les habitants de la commune pour régler cette situation que nous n’avons pas créée. C’est de l’avenir de la commune qu’il s’agit ».
En plus de la baisse de l’effort de 5% qui permet le maintien de la masse salariale à 44 millions, l’effort fiscal et la réduction des dépenses communales permettront l’équilibre et la compensation de l’arriéré. Le déficit chiffré à 7 millions passerait ainsi à 3 millions l’année prochaine et permettrait de sortir du dispositif de la cour des comptes l’année suivante. Ce qui en redonnant de la crédibilité à la commune permettrait de sortir des tiroirs les projets de développement de la ville explique le maire.

« Une grève en totale illégalité »

« Demain se réunit le comité technique paritaire, voilà la véritable raison de cette grève. CTP, où nous allons présenter les mesures de trois natures prises dans le cadre du redressement ».
Pour Claude Hoarau, cette grève n’a pas pour but de défendre les droits des travailleurs mais bel et bien de vouloir sa démission. En effet, le préavis de grève déposé par le SAFPTR ne suit pas les règles du droit républicain. « Ces règles, je les connais bien car je suis toujours descendu dans la rue défendre l’intérêt des travailleurs. Lorsque Cyrille Hamilcaro mettait à la rue 600 CES, j’étais à leur côté au contraire des syndicats », ajoute Claude Hoarau. Le délai de rigueur n’a pas été respecté. Entre le dépôt du courrier et le mouvement social, il n’y a que trois jours ouvrables, bien loin des cinq jours réglementaires. Claude Hoarau annonce alors qu’au regard de l’irrégularité du préavis de grève, les écoles et services communaux seront maintenus. « Les grévistes bien entendu non rémunérés. Que chacun assume ses responsabilités ajoute le maire, j’ai toujours été prêt au dialogue mais il ne m’a jamais été proposé. Connaissez-vous un mouvement de grève où il n’y a eu aucun essai de dialogue auparavant ? »

CF


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