Luttes sociales

Le succès des mobilisations traduit une profonde colère

Réforme du rythme scolaire

Témoignages.re / 20 février 2013

Pour l’intersyndicale de l’Education, les succès des mobilisations du 31 janvier 2013 et du 12 février 2013 traduisent une profonde colère des personnels et un mouvement de fond qui part de la base. La contestation de la réforme des rythmes scolaires et de loi Peillon sur la refondation n’en finit pas de se développer précise-t-elle. Les intertitres sont de "Témoignages".

« Sur la question des rythmes scolaires, au niveau gouvernemental, une crise commence sérieusement à s’installer sur le sujet avec comme dernier gros rebondissement la décision du maire P.S de Lyon (deuxième agglomération de France) de ne pas appliquer la reforme en 2013 au motif, selon lui, qu’elle « est bâclée ». Un aveu d’un poids lourd du P.S qui constitue une véritable épine dans le pied de Peillon.
Même Bertrand Delanoë, pourtant un des plus farouches partisans de la réforme Peillon, n’exclut plus le report pour 2014.

Une réforme décriée sur le fond et sur la forme

Force est de constater que l’entêtement du Ministre Peillon du passage en force est de plus en plus décrié et que ses soutiens se font de plus en plus rares.
La Fronde des maires donne de la résonance à la colère des enseignants. A cela s’ajoute une mobilisation qui commence à prendre forme ici et là parmi les personnels territoriaux concernés. Chacun s’accorde à reconnaître que la reforme Peillon sur les rythmes scolaires est une réforme précipitée, bâclée, brouillonne et sans moyens financiers d’accompagnement.
L’annonce soudaine d’une baisse des dotations des collectivités de 3 milliards d’euros a enfoncé le clou et a douché les plus enclins à porter cette réforme.
La cure d’austérité renforcée est en effet difficilement compatible avec les couts financiers importants induits par la Réforme Peillon. Une dépense importante supplémentaire et des recettes en baisse. Equation difficilement soluble !
A La Réunion, comme en métropole, de très nombreuses communes considèrent qu’il est impossible de mettre en œuvre la reforme en 2013.
L’intersyndicale affirme qu’aucune réforme des rythmes scolaires allant dans le sens des intérêts de l’enfant n’est possible dans le cadre de l’austérité budgétaire

Une préparation à la décentralisation

Ne nous y trompons pas, sous couvert de réformer les rythmes scolaires, il s’agit en réalité d’amorcer la municipalisation de l’école dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation. Le reste, c’est de l’enfumage !
D’ailleurs, le ministre l’a rappelé : « la réforme des rythmes scolaires doit agir comme un levier pour faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial… »
Concrètement, cela signifie que l’école ne serait plus de la compétence exclusive de l’État. Dans un premier temps, trois heures hebdomadaires seraient placées sous la responsabilité des collectivités avec le Projet Éducatif Territorial (PET).
Les enseignants refusent que certains enseignements sortent du cadre national et soient dévolus aux municipalités sous prétexte d’instaurer un Projet Educatif Territorial (arts plastiques, musiques, EPS, langue étrangère, informatique...).
Dans les faits, ce mélange des responsabilités d’instruction et d’animation aboutirait à une école « territorialisée », aggravant l’inégalité du droit des enfants à l’instruction et amorçant la tutelle pédagogique des collectivités locales sur l’enseignement et les professeurs, encourageant l’externalisation de disciplines scolaires au périscolaire.

L’intersyndicale appelle à continuer les mobilisations

L’Éducation nationale doit rester nationale. L’intersyndicale rappelle sa totale opposition à sa municipalisation !
Même certaines sections de la FCPE telle la FCPE 94 dénonce une instrumentalisation des rythmes scolaires. « Bâclée, cette réforme semble préparer de façon inavouée une territorialisation de l’école d’ailleurs inscrite dans son projet de loi d’orientation ».
A l’évidence, qui peut penser que le seul étalement de la semaine scolaire sur 4,5 jours permettrait la réussite des élèves en difficulté ?
L’intersyndicale CGTR Educ’action, SAIPER PASS 974, FNEC FP FO, SNE, CFTC Education, SUD Education appelle les personnels à développer les mobilisations et à se tenir prêt à répondre à un nouvel appel national de lutte.
L’intersyndicale regrette les pressions exercées ici et là par l’autorité hiérarchique contre les personnels, autorité hiérarchique soumise elle-même à la pression du ministre Peillon et de ses conseillers.
L’intersyndicale demande à tous les maires de La Réunion de refuser l’application de la réforme des rythmes scolaires en 2013.

Ouvrir une réflexion globale

Une réflexion globale est nécessaire pour la réussite de tous les élèves : pour répondre aux enjeux essentiels, il faut repenser les programmes que d’aucuns reconnaissent comme trop lourds et inadaptés, restaurer les moyens pour notre réseau d’aide aux enfants en difficulté (RASED), décimé ces dernières années, alléger la taille des classes… C’est en articulation avec de telles mesures préalables que l’on pourra envisager une réforme de rythmes scolaires... qui aille dans l’intérêt des élèves.
L’intersyndicale souhaite que les choses changent, mais dans l’intérêt des élèves et non pas juste pour accentuer le désengagement de l’état dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation.
Puisque la Loi Peillon et le décret sur les rythmes scolaires forment un tout à savoir un acte régressif dans la voie à la régionalisation de municipalisation de l’Éducation nationale, l’intersyndicale de l’Éducation exige :

- Le retrait du projet de Loi Peillon sur la refondation

- Le retrait du décret sur les rythmes scolaires


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