Luttes sociales

« Le travail fait plus de victimes que la guerre »

20e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail

Témoignages.re / 1er septembre 2014

2,3 millions de personnes meurent chaque année à cause d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Le directeur général de l’OIT annonce de nouveaux efforts en vue d’obtenir le respect des normes de santé et de sécurité au travail à l’échelle mondiale.

JPEG - 29.7 ko
Guy Ryder, directeur général de l’OIT.

Prônant une « culture de la tolérance zéro à l’égard des risques au travail », le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Guy Ryder, a rappelé à quelque 4000 participants au XXe Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail que la sécurité et la santé faisaient partie intégrante de l’action de l’OIT.
S’exprimant à Francfort, en Allemagne, devant des spécialistes de la sécurité au travail, des responsables politiques et des scientifiques de 141 pays dans le cadre du plus grand événement mondial dans le domaine de la sécurité au travail, M. Ryder a déclaré que les efforts de l’OIT visaient à peser davantage sur la culture mondiale de la sécurité et de la santé au travail et sur le terrain en milieu de travail.

« Défi immense »

« Le virus Ebola et les tragédies qu’il provoque fait la une des journaux – et c’est normal. Mais ce n’est pas le cas des décès liés au travail. Dès lors, il nous incombe d’établir une culture de la sensibilisation permanente », a ajouté M. Ryder.
M. Ryder a clairement réaffirmé que l’incapacité à garantir un lieu de travail sûr et sain constituait une forme de travail inacceptable : « Cela place la santé et la sécurité au travail au même niveau que le travail forcé, le travail des enfants, la liberté syndicale et la discrimination, qui sont au centre de la Déclaration de l’OIT sur les principes et droits fondamentaux au travail ».
Il a ajouté que la sécurité et la santé feraient désormais partie intégrante de toutes les activités de l’OIT, avec un intérêt particulier pour les catégories invisibles et vulnérables des travailleurs de l’économie informelle, de l’économie rurale et pour les travailleurs migrants.
« Le défi auquel nous sommes confrontés est immense. Le travail fait davantage de victimes que la guerre à travers le monde : on estime que 2,3 millions de travailleurs meurent chaque année d’accidents du travail ou de maladies professionnelles », a déclaré M. Ryder.
Il a également fait référence aux coûts directs et indirects des maladies et accidents liés au travail que l’OIT évalue à 2800 milliards de dollars au niveau mondial. Il a souligné qu’investir dans la sécurité et la santé au travail était rentable. « Chaque dollar investi paie ».

Des signes encourageants

M. Ryder a aussi souligné la nécessité vitale de disposer de données fiables : « Nous vivons à l’ère de l’information où les responsables politiques ont accès à des données sur toutes les questions. Mais en matière de santé et de sécurité au travail nous manquons de données pour élaborer et mettre en œuvre des politiques et des programmes fondés sur des données factuelles. C’est un échec — un manque de volonté politique également ».
Toutefois, le Directeur de l’OIT perçoit aussi des signes encourageants. « L’importance d’une protection efficace de la main-d’œuvre gagne du terrain dans les priorités stratégiques mondiales. Lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg en 2013, les dirigeants avaient demandé au groupe de travail du G20 sur l’emploi de s’associer à l’OIT pour étudier comment le G20 pourrait contribuer à créer des lieux de travail plus sûrs ».

Source : OIT


Kanalreunion.com