Luttes sociales

Les 8.000 suppressions d’emplois à PSA deviennent une affaire d’État

Prise de position du chef de l’État

Témoignages.re / 16 juillet 2012

Dans son édition d’hier, notre confrère "l’Humanité" revient sur la position du président de la République vis-à-vis de la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois et de la suppression de 8.000 emplois annoncée jeudi par le groupe PSA en France.

Le président de la République appelle ce samedi à renégocier le plan de suppression de 8.000 emplois annoncé jeudi par PSA Peugeot-Citroën, mais uniquement pour « qu’il n’y ait pas de licenciement sec ».
Le président de la République s’exprimait ce samedi midi en direct à la télévision après les cérémonies du 14 juillet. Au sujet de PSA, il a expliqué : « Ce plan, je le considère en l’état inacceptable » (...). « Il doit être renégocié ». Alors que le gouvernement a chargé un expert d’examiner le bien-fondé des décisions de PSA, il demande « une concertation pour qu’il n’y ait aucun licenciement sec chez Peugeot » et que « des solutions soient proposées pour chaque salarié ». Cette concertation devra aussi chercher à ce « que le nombre de suppressions d’emplois soit réduit » et trouver des « alternatives à ces suppressions d’emplois ».

Les moyens d’intervention de l’État

François Hollande a détaillé les vecteurs d’intervention de son gouvernement. « Nous pouvons faire en sorte qu’Aulnay reste un site industriel, de la même manière qu’il doit y avoir des garanties sur la pérennisation du site de Rennes ». L’État pourra aussi agir avec « le chômage partiel », « la formation professionnelle » et « les crédits que nous pouvons apporter », a précisé l’hôte de l’Élysée qui s’est dit prêt à rencontrer les syndicats, s’ils le demandent.
Plus globalement, François Hollande a rappelé que le gouvernement allait présenter un « plan stratégique pour l’industrie automobile », qui sera dévoilé le 25 juillet. Ce jour-là, « il y aura des décisions ». Le chef de l’État ne reprend donc pas l’idée de moratoire sur les licenciements lancée par Pierre Laurent jeudi, ni celle de l’interdiction des licenciements boursiers.

Mauvais choix stratégiques

Le président de la République s’est interrogé sur le moment de l’annonce du plan de réorganisation de PSA, alors que des documents internes au constructeur automobile envisageaient dès 2010 une telle saignée pour l’emploi. Il a aussi renvoyé le président du directoire du groupe dans les cordes, affirmant qu’il « est trop facile de dire, c’est la faute du coût du travail » et que des explications aux problèmes de PSA Peugeot-Citroën devaient être recherchées du côté « des choix stratégiques qui n’ont pas été bons », « le souci de reporter des décisions difficiles » et « aussi des comportements d’actionnaires qui se sont distribué des dividendes ».


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