Luttes sociales

Les créations d’entreprises s’effondrent

La fin des illusions

Manuel Marchal / 11 octobre 2012

Un nouvel indicateur de l’effondrement du système a été publié mardi. Les créations d’entreprises sont en chute libre, notamment dans l’industrie. C’est la fin des illusions de ceux qui pensaient que la transformation de salariés en petits patrons allait permettre au tissu économique de passer le cap de la crise.

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Cela fait prs de deux ans que le BTP a manifest devant la prfecture pour dnoncer l’arrt des grands chantiers et les consquences d’une telle dcision. Deux ans plus tard, c’est toujours le BTP qui prend le choc, avec cette fois la chute spectaculaire de la cration d’entreprise dans ce secteur.

La presse ne cesse d’évoquer les drames de ces travailleurs qui sont privés de travail à la suite de la faillite de leur entreprise. Avant hier à Saint-Pierre, ce sont encore 90 salariés qui ont subi la liquidation de leur outil de travail malgré toute la campagne menée par le groupe Arhès pour alerter sur l’impasse dans laquelle il se trouvait.
À la fin du mois d’août, le nombre de demandeurs d’emploi avait déjà crevé le plafond des 158.000, et ces dernières semaines n’incitent guère à l’optimisme. En effet, c’est le marasme. Depuis l’arrêt du chantier du tram-train et de la remise en cause du projet de nouvelle route du littoral par les conservateurs arrivés au pouvoir à la Région, l’économie n’a plus de perspective de reprise. Le coup d’arrêt porté au développement du photovoltaïque n’a pas arrangé les choses.

Toute la chaine grippée

Pour tenter de relancer la machine, Paris avait mis en avant la réforme du financement de la production de logements sociaux. Mais des centaines de logements programmés sont encore dans les cartons.
La crise de confiance est telle que des chantiers ne peuvent pas démarrer. La structure du capital des bailleurs sociaux a pourtant l’air solide, avec les pouvoirs publics et les banques. Ils sont aussi un patrimoine important, fort de milliers de logements. Mais cela ne suffit pas à garantir une opération de quelques dizaines de logements supplémentaires aux yeux des banques prêteuses qui se tournent vers le seul Conseil général.
Avec la hausse des dépenses plus rapide que celle des recettes, cette collectivité voit sa situation financière se dégrader. Il lui est donc plus difficile de garantir des emprunts, car cela pèse sur sa capacité à investir. Les garanties d’emprunts prennent du retard, et toute la chaine est grippée.

Nécessaire remise à plat

C’est dans ce contexte que doivent se débattre les petites entreprises qui constituent l’essentiel du tissu économique. L’activité n’est plus là, alors elles ferment. Et il devient de plus en plus difficile de se lancer. C’est la fin des illusions pour ceux qui pensaient que la transformation de salariés en petits patrons allait permettre à l’économie de passer le cap de la crise.
Après le traitement social du chômage, c’est un deuxième moyen de lutter contre la pénurie d’emploi qui montre ses limites. Car si des entreprises fortes de plusieurs dizaines de salariés éprouvent de grandes difficultés, que dire alors des travailleurs qui veulent devenir leur propre patron ? Ils sont touchés de plein fouet par le marasme économique.
La remise à plat de toutes ces mesures de lutte contre le chômage est nécessaire.

La Conférence Sociale, Économique et Environnementale

Pour rechercher collectivement une alternative à un modèle économique qui prend l’eau de toute part, le Parti Communiste Réunionnais propose au gouvernement la tenue à La Réunion d’une Conférence Sociale, Économique et Environnementale.
Au moment où le gouvernement met en place le cadre de sa politique, le moment est venu d’appliquer un des engagements du président de la République : une nouvelle relation entre la France et les Outre-mer.
C’est dans le débat le plus large que pourront émerger des propositions partagées par le plus grand nombre. Face à l’impasse du système, des solutions réunionnaises sont possibles pour une Réunion développée et responsable.

 M.M. 

Communiqué de l’INSEE

Les créations d’entreprises au deuxième trimestre 2012 : forte baisse dans tous les secteurs

Au 2e trimestre 2012, 1 544 entreprises ont été créées à La Réunion, soit une baisse de 16% par rapport au 1er trimestre 2012. Cette chute intervient après une hausse de 2% au 1er trimestre. Les créations d’entreprises diminuent également, mais dans une moindre mesure, sur l’ensemble de la France (4,5%).
Un tiers des créations sont des demandes sous le régime de l’auto-entrepreneur.
Les créations d’entreprises diminuent dans tous les secteurs au 2e trimestre 2012. L’industrie enregistre la baisse la plus conséquente (56%). Ce secteur comprend notamment les entreprises de production d’électricité photovoltaïque, dont les créations se sont stoppées à partir du dernier trimestre 2011. Hors photovoltaïque, les créations d’entreprises dans l’industrie baissent de 25%.
Après deux trimestres consécutifs de hausse, les créations dans le secteur de la construction diminuent de 30%. Celles du secteur des « autres services » baissent de 13% tandis que les créations dans le secteur du commerce de gros, transport, hébergement et restauration se contractent de 6%.
Sur douze mois (juillet 2011 à juin 2012), les créations régressent de 12% par rapport à la période de juillet 2010 à juin 2011.
La création d’entreprises recule dans tous les secteurs. Elle baisse de 57% dans l’industrie, de 6% dans la construction, de 5% dans le secteur du commerce de gros et de détail, des trans-
ports, de l’hébergement et la restauration et de 1% dans les « autres services ».
Au classement des créations selon la zone géographique, le Sud conserve la tête avec 536 créations, suivi de l’Ouest (425), du Nord (401), et enfin de l’Est (182). Au 2e trimestre 2012, le Sud enregistre la plus forte diminution (28%). Sur douze mois, la baisse est plus marquée dans la région Est où les créations chutent de 42%.


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