Luttes sociales

« Les discours doivent devenir des actes »

L’UNEF et la rentrée universitaire à La Réunion

Céline Tabou / 23 août 2011

Lors d’une conférence de presse à Saint-Denis, l’Union Nationale des Étudiants de France de La Réunion a tenu à rappeler la hausse des frais d’inscription et de mutuelle de 4,1% par rapport à l’an dernier.

En effet, Stéphane Maillot, président de l’UNEF Réunion a demandé au président de l’Université de tenir ses promesses, « le 19 mai, lors du vote de la suppression des filières, le président de l’Université avait promis un suivi des étudiants, mais aujourd’hui, on dresse la facture aux collectivités et à l’Université, car les engagements n’ont pas été tenus. Il est temps que les discours deviennent des actes ».

Hausse des inscriptions

« Le coût de l’année étudiante pour 2011-2012 augmente de 4,1%, soit deux fois plus vite que l’inflation (2,1%) » selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) cité par Le Parisien. Le premier syndicat étudiant dénonce une paupérisation des étudiants. « Aujourd’hui, la possibilité de faire des études et de les réussir dépend largement de son origine sociale et familiale » a fustigé l’UNEF.
« On a des inscriptions de plus de 1000 euros, il n’y a plus de gratuité de l’éducation et encore moins d’égalité des chances ». C’est pour raison que l’UNEF dénonce « une sélection des étudiants par l’argent ». En pleine année électorale, tant gouvernementale que présidentielle dans les Universités, l’UNEF souhaite que les promesses faites soient tenues, auquel cas les étudiants préparent « une rentrée houleuse ».
Les étudiants appellent Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses, notamment sur le 10ème mois de bourse, qui « n’a toujours pas été versé ». Promis en 2009 par le chef de l’état, la mise en place du 10ème mois de bourse n’est toujours pas garantie par le gouvernement, qui traine de nouveau les pieds pour le verser aux étudiants.

Cesser les promesses

Prenant un exemple, Stéphane Maillot a expliqué qu’un étudiant non boursier qui devra se loger dans le privé, faute de logement étudiant suffisant, devra payer 2432 euros pour l’année, et 2000 euros pour un étudiant boursier. Le syndicat dénonce également l’absence de revalorisation de la bourse et de l’aide au logement alors que l’inflation augmente. Mais, en plus de cela « on a un nouveau ministre qui décide d’augmenter les tickets du resto U, contre l’avis du Cnoos. C’est la première fois dans l’histoire du Cnoos qu’un ministre va contre l’avis de l’institution ».
L’UNEF Réunion demande la mise en place d’un « guichet unique d’aide sociale » afin de mutualiser toutes les collectivités pour le bien des étudiants. En effet, car « l’aide de première installation de Didier Robert est une mesure qui ne correspond pas à l’urgence sociale. Ce n’est pas avec 360 euros qu’un étudiant peut cautionner son appartement, l’équiper ou payer le premier mois de loyer ». Le président de l’UNEF Réunion conclut en appelant les responsables politiques et universitaires à tenir leurs engagements et à cesser les « beaux discours ».

Céline Tabou


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