Luttes sociales

Les élus de l’Alliance demandent le maintien du RTSA et de la prime COSPAR

Assemblée plénière du Conseil régional

Témoignages.re / 19 novembre 2012

Lors de l’Assemblée plénière du Conseil régional qui s’est tenue vendredi dernier (voir notre édition de samedi), les conseillers régionaux de l’Alliance ont présenté, par la voix de Béatrice Leperlier, une motion concernant le RSTA et la prime COSPAR. L’Alliance demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour maintenir le bénéfice du RSTA et de la prime COSPAR versés aux travailleurs dont le salaire est inférieur ou égal à 1,4 SMIC. Nous publions ci-dessous l’intégralité du texte de cette motion qui sera examinée en Commission par le Conseil régional.

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« Considérant le problème récurrent de la vie chère outre-mer,

Considérant la dégradation du pouvoir d’achat des ménages les plus défavorisés,

Considérant que suite aux manifestions intervenues en 2009 aux Antilles, en Guyane et à La Réunion, les travailleurs ont arraché par leurs luttes l’attribution du RSTA et d’un “bonus” salarial (prime COSPAR à La Réunion) pour atténuer l’impact de la vie chère,

Considérant que les motifs ayant conduit en 2009 à l’attribution de ces revenus complémentaires pour les travailleurs pauvres sont toujours d’actualité compte tenu notamment de la persistance et de l’aggravation de la crise,

Considérant que les textes actuellement en vigueur prévoient l’expiration de ces deux dispositifs dans les prochaines semaines,

Considérant que la suppression du RSTA et de la prime COSPAR affecterait gravement le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres dans ce contexte de crise,

Considérant que, parallèlement, le gouvernement, en faisant adopter la loi de régulation économique, affirme sa volonté de lutter contre la vie chère,

Considérant qu’il serait incohérent et contradictoire que l’entrée en vigueur d’une loi contre la vie chère coïncide avec la disparition d’un complément de revenus pour les salariés les plus pauvres, et une atteinte directe à leur pouvoir d’achat,

Considérant que la situation sociale exige au contraire plus de la solidarité avec les plus défavorisés,

Le Conseil régional demande au gouvernement :

- de prendre toutes les dispositions pour la reconduction du RSTA et de la “prime COSPAR”

Droit dans le mur !

Le débat sur les orientations budgétaires 2013 ainsi que sur la décision modificative du Budget 2012 ont été riches d’enseignements, et sources d’inquiétudes pour tous les observateurs : la Région ne tient pas ses comptes et le budget part à la dérive. Quelques exemples de dépenses non maitrisées ou de gaspillage de l’argent public :

- 2,5 millions d’euros pour acquérir des terrains pour des parkings au domaine de Montgaillard qui a déjà coûté 13,5 millions d’euros aux contribuables. Ça fait donc 16 millions d’euros pour la villégiature de la Région ! C’est ce qui s’appelle des dépenses somptuaires ou indécentes.

- 1,5 million supplémentaire pour l’IRT qui avait déjà eu en début d’année une subvention annuelle plus de 14,2 millions d’euros. Aucune explication donnée sur cette rallonge. Lorsque l’on sait que le loyer du siège de l’IRT à Saint-Paul est de 34.700 euros par mois (!), (oui, vous ne rêvez pas), faut-il s’en étonner ?

- 16 millions en 2012 pour la continuité territoriale qui est une compétence de l’État, alors qu’en 2010, la dotation de la Région était de 8 millions à parité avec l’État. Finalement, c’est le contribuable réunionnais qui est devenu le principal financeur de la continuité territoriale. Et si cela plombe le budget de la collectivité, ce n’est pas grave pour la majorité régionale, au regard des considérations électoralistes…

- même chose pour les “emplois verts” : le budget est passé de 5 millions en 2010 à 25 millions, sans qu’aucune évaluation du dispositif n’ait eu lieu.

On pourrait multiplier les exemples des dépenses qui dérapent…
Des changements à la Commission permanente

L’Assemblée plénière a procédé à l’élection de nouveaux élus à la Commission permanente :

- Béatrice Vélia et Gérard Perrault (groupe socialiste) remplacent Monique Orphée et Jean-Jacques Vlody qui ont démissionné de leur mandat au Conseil régional suite à leur élection comme député

- Béatrice Leperlier, conseillère régionale de l’Alliance, remplace Philippe Jean-Pierre qui a démissionné de son poste de membre de la Commission permanente. Une démission inévitable suite à sa décision, avec Michel Lagourgue (qui, lui, reste en Commission permanente), de quitter le groupe qui leur a permis tous les deux d’obtenir un mandat de conseiller régional… Un mandat auquel ils s’accrochent alors qu’ils n’ont plus aucune légitimité…

En revanche, l’arrivée de Béatrice Leperlier au sein de la Commission permanente est un exemple concret de promotion des femmes et des jeunes aux responsabilités.


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