Luttes sociales

Les enseignants stagiaires plus que jamais mobilisés

Témoignages.re / 17 avril 2010

À venir, une manifestation devant le Rectorat, une motion de soutien au Conseil régional, l’accueil de la ministre de l’Outre-mer. C’est la semaine que les professeurs stagiaires ont prévu pour obtenir une affectation sur des postes dans l’Académie.

La vingtaine d’enseignants stagiaires qui squattent l’hôtel de Région depuis plus de dix jours continuent à se battre pour obtenir des postes à La Réunion. Hier, le collectif des enseignants en lutte faisait le point sur leur mouvement, accompagné par la FSU, la FCPE et l’UNEF. Depuis quelques jours, les soutiens affluent : les associations de parents d’élèves APELCA, APELC, APEPS, mais aussi Agir pou nout tout, les politiques, à commencer par Huguette Bello, Gélita Hoareau, Didier Robert, Nassimah Dindar, Éric Fruteau, Jean-Jacques Vlody, Patrick Lebreton... Le ministère de l’Education nationale a ainsi demandé à l’administration de revoir les dossiers au cas par cas selon les critères de postes disponibles et de situation familiale. Un premier pas, mais les enseignants stagiaires ont annoncé qu’ils resteront à la Région jusqu’à satisfaction.
Plusieurs actions sont prévues. D’abord, la proposition d’une motion à la prochaine séance plénière du Conseil régional. Motion qui sera présentée par le président Didier Robert. Ensuite, l’organisation d’une manifestation devant le Rectorat mercredi prochain. Enfin, l’accueil de la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, en visite du 22 au 24 avril. « Le mouvement risque de prendre de l’ampleur », prévient Christian Picard de la FSU.
Les enseignants stagiaires estiment qu’il y a assez de postes vacants dans l’académie et demandent à y être affectés en priorité. « On ne demande pas une dérogation, on ne veut pas d’un passe-droit », affirme Marie-Hélène Dor de la FSU. Mais avec 13.000 heures supplémentaires, des suppressions de postes et les situations personnelles de ces profs stagiaires (enfants, famille), la FSU estime que l’académie est en mesure de les accueillir.
Jean Odel Oumana, de la FCPE, affirme que la mobilité doit être choisie et non subie, et plaide pour une « politique éducative réaliste qui réduit l’échec scolaire ». Pour sa part, Camille Maillot de l’UNEF demande un meilleur encadrement des élèves.
Le collectif des enseignants en lutte le répète, il ne veut pas de passe-droit, mais simplement mettre le savoir-faire au service de la localité. Par ailleurs, il souhaite aussi alerter et mobiliser dès maintenant les futurs professeurs stagiaires, étudiants à l’IUFM, sur ce qui les attend l’année prochaine : un master à préparer en plus du concours, avec des enseignements à assurer, donc des cours à préparer. « Ils auront plus d’heures que les profs titulaires », lance une enseignante stagiaire.

EP


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