Luttes sociales

Les États-Unis sous les cris de la contestation

Céline Tabou / 11 octobre 2011

Quatrième semaine de protestation à New York, où le mouvement “Occupy Wall Street” s’est répandu dans tout le pays, notamment Washington, Los Angeles, Chicago, Miami et Dallas. Réussissant à attirer l’attention de Barack Obama, les manifestants dénoncent chaque jour les crises sociale, économique et financière qui frappent le pays depuis plus de deux ans.

Dans son éditorial, le “New York Times” a montré que les manifestants, dont une majorité de jeunes, « veulent faire entendre la voix de la génération des opportunités perdues », sous un regard « indifférent » de Washington, souligne le journal américain cité par le site “AtlasInfo”.

Le mécontentement populaire

Avec un déficit public estimé à 1.300 milliards de dollars en 2011, un taux de chômage avoisinant les 9% et malgré un plan de relance destiné à redynamiser la croissance et créer des emplois, les Américains dénoncent la domination des marchés financiers dans le système économique et politique aux États-Unis et veulent taxer de 1% les sociétés de Wall Street et les agences de traders qui bénéficient le plus de la crise financière et bancaire. Dans un climat serein, d’autres slogans ont émergé contre la guerre en Afghanistan, le réchauffement climatique ou encore l’importante hausse des frais de scolarité universitaires.

Loin de la récupération politique comme certains experts le prédisent, un bulletin du camp new-yorkais, le “Occupied Wall Street Journal” (Journal de Wall Street occupé), a expliqué que « Les machines politiques épuisées et leurs conseillers de presse cherchent déjà à faire émerger des meneurs, des messages (...). Plus que tout autre, ils vont tenter de se saisir de ce mouvement et de le modeler à leur convenance ».

Impact politique et économique

A New York, plusieurs syndicats d’employés municipaux, d’employés des transports, d’enseignants et entre autres d’infirmières ont annoncé rejoindre la mobilisation contre Wall Street. Parmi ces organisations, American Federation of State County and Municipal Employees, Communications Workers of America (AFSCME), Amalgamated Transit Union (ATU), United Federation of Teachers, Nurses Association. Face à l’ampleur de la mobilisation, celle-ci devrait avoir un impact sur les prochaines décisions politiques et économiques.

Toutefois, face à la mobilisation, les démocrates et républicains se jettent la balle. Le Président Barack Obama a expliqué aux médias qu’il comprenait la colère des protestataires. Conscient que sa réélection en 2012 dépendra de ses décisions dans le domaine économique, le président tente de faire adopter son plan pour l’emploi de 447 milliards de dollars, que les démocrates proposent de financer via une taxe de 5,6% pour les salaires supérieurs à 1 million de dollars par an. Cette mesure devrait entrer en vigueur en 2013. Le Sénat doit se prononcer la semaine prochaine sur le texte prévoyant des investissements dans les infrastructures et des réductions d’impôt pour la classe moyenne et les PME, ce qui devrait créer 1,9 million d’emplois.

Du côté républicain, Eric Cantor, représentant des protectionnistes extrêmes, a fustigé les manifestants. « Je m’inquiète des émeutiers qui pourraient occuper Wall Street et les autres villes américaines », a-t-il déclaré.

Céline Tabou


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