Luttes sociales

Les ex-salariés de l’ARAST évacués par la police

Villa du Département

Témoignages.re / 21 janvier 2010

Une cinquantaine d’ex-salariés de l’ARAST (Association régionale d’accompagnement social territorialisé) qui effectuaient un sit-in rue de Paris (Saint-Denis) devant la Villa du Département ont été évacués par la police hier vers 11 heures 30. Au cours de l’intervention, une jeune femme a été victime d’un malaise. Elle a été prise en charge par les pompiers. Les travailleurs sociaux se sont repliés vers le Conseil général qu’ils occupent depuis 15 jours. Tous les grévistes de la faim ont arrêté leur mouvement. Certains d’entre eux ont refusé de s’alimenter pendant 9 jours.

« Nous sommes en colère, nous sommes dépités », lance Valérie Bénard, porte-parole des anciens salariés de l’ARAST. « Ce matin, il n’y avait que 50 personnes, essentiellement des femmes et des enfants. Nous étions simplement assis sur la chaussée. Nous n’avons rien cassé. Nous n’avons rien pris. La police nous a chargés. L’une de nos collègues s’est trouvée mal », relate, indignée, la porte-parole. 

Les manifestants ont en effet été fermement portés par la police de la chaussée au trottoir. C’est pendant cette évacuation que la jeune femme s’est trouvée mal. Les pompiers ont été appelés. Ils lui ont donné les premiers soins sur place pendant plus d’un quart d’heure avant d’être transportée à l’hôpital. Peu de temps après, deux autres salariées ont fait un malaise moins grave que celui de leur collègue.
En fin de matinée, les manifestants ont regagné le Palais de la Source, siège du Conseil général, qu’ils occupent depuis 15 jours. À noter que les conseillers généraux étaient réunis en Commission permanente à la Villa du département lors de l’intervention de la police.

 À leur arrivée, un courrier du Département leur a été distribué. Le document les informait que l’aide d’urgence de 1.000 euros mise à leur disposition par le Conseil général pouvait être obtenue en se rapprochant des antennes d’arrondissement du Département. Ces structures « assureront l’orientation vers les travailleurs sociaux en charge de l’évaluation des demandes ». Aucune indication n’est donnée sur « l’évaluation » en question.
Précisons toutefois que selon la décision de la Commission permanente du Conseil général, l’aide doit être attribuée à tous les anciens salariés sans critères de ressources. 

Les quelque 600 dossiers de demande d’intégration au Conseil général devaient être déposés devant les Prud’hommes dans la journée d’hier ou aujourd’hui. 

Par ailleurs, aucune information sur la date et ni la tenue de la table ronde promise ce mardi par le conseiller de Nicolas Sarkozy n’a été donnée aux anciens salariés. La réunion a été annoncée pour vendredi à la Préfecture. L’État, les ex-travailleurs, le Conseil général et l’AGS (Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés) notamment. Il s’agirait une nouvelle fois d’essayer de déterminer qui de ces deux structures doit payer des indemnités aux 1.196 anciens salariés.


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