Luttes sociales

Les grévistes attendent beaucoup de la réunion nationale de médiation

Conflit à EDF et à la Séchilienne-SIDEC

Sophie Périabe / 30 avril 2011

Le 25 avril dernier, le juge des référés et des libertés a suspendu quatre arrêtés préfectoraux réquisitionnant un salarié gréviste de la Séchilienne-SIDEC. Une petite victoire pour les grévistes qui espèrent faire entendre leur revendication lors d’une rencontre prévue cet après-midi avec la direction d’EDF à Paris.

Une délégation de la CGTR-EDF est actuellement à Paris pour une rencontre avec la direction nationale d’EDF « sur la base de nos revendications », nous apprend ce matin (hier-NDLR) Patrick Hoarau, de la CGTR-EDF. Hier, des grévistes de la Séchilienne-SIDEC ont bien rencontré leur direction mais cette dernière, déboutée par le Conseil d’État cette semaine, préfère attendre la position d’EDF.
En effet, mercredi dernier, le Conseil d’État a rejeté la requête en interprétation déposée par la Séchilienne-SIDEC, propriétaire des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge, sur l’article 14§6 du statut national du personnel des industries électriques et gazières.
Depuis le début du conflit, il y a plus d’un an, les grévistes se basent sur cet article de loi qui prévoit le bénéfice pour les agents en service dans les territoires d’outre-mer de l’intégralité des indemnités coloniales applicables aux fonctionnaires de l’État dans ces territoires.
Dans ce conflit, le préfet de La Réunion a lui aussi été débouté par le juge des référés qui a suspendu l’exécution de quatre arrêtés préfectoraux réquisitionnant un salarié gréviste de la Séchilienne-SIDEC. Selon les syndicaux, les réquisitions ordonnées par le préfet portent clairement atteinte aux droits de grève des salariés, « ils n’ont laissé aucune chance aux salariés de se défendre en terme de liberté et de justice ». Dans un communiqué publié par la Préfecture, le représentant de l’État rappelle « que les arrêtés de réquisition pris à l’encontre d’autres salariés grévistes demeurent exécutoires » et « que le refus d’exécuter une réquisition est un délit sanctionné puni de six mois d’emprisonnement et de 10.000 euros d’amende Corps ». Pour Patrick Hoarau, le préfet « doit respecter les décisions judiciaires. Ensuite, libre à lui d’utiliser d’autres moyens pour contrer cette décision ».

Des solutions sont donc prévues en cas de coupures électriques

Dans ce même communiqué, le préfet de La Réunion, Michel Lalande rappelle « que l’arrêt même partiel de ces installations a une répercussion immédiate sur les usagers, mettant notamment en danger les personnes hospitalisées à domicile, comme l’ont démontré les arrêts de production survenus début janvier et fin mars ». Ce que réfutent bien sûr les grévistes qui assurent que « si EDF veut mettre les moyens, il peut le faire, comme cela a été le cas lors de l’incendie à l’usine de Bois-Rouge ».
Sur une production de 600 MW, on compte 150 MW sur le réseau prioritaire, « or, EDF peut tolérer jusqu’à 250 MW soit un tiers de la production », soutient Patrick Hoarau.
Concernant les malades hospitalisés à domicile sous assistance respiratoire, le gréviste rappelle que « ces citoyens sont recensés à la Préfecture, à EDF et dans les hôpitaux ». Lors de l’incendie à Bois-Rouge notamment, il y a eu des interventions chez ces personnes afin d’installer des bombonnes d’oxygène, des groupes électrogènes ou alors ils étaient évacués vers les centres hospitaliers. « Il faut arrêter de mentir à la population », s’emporte le syndicaliste. « Selon le préfet, s’il y a une catastrophe naturelle, comme un cyclone par exemple et que cela entraîne des coupures, cela voudrait dire que ces gens-là sont condamnés ? », demande Patrick Hoarau.
Des solutions sont donc prévues en cas de coupures électriques.
Pour la suite, les syndicats misent toujours sur le dialogue afin de faire appliquer la loi.

 SP 


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