Luttes sociales

Les grévistes lèvent le camp

SDIS – Non paiement des heures supplémentaires

Témoignages.re / 11 janvier 2012

La grève des pompiers débutée le lundi 9 janvier s’est poursuivi hier. Après une réunion infructueuse lundi après-midi avec la Direction du SDIS, l’intersyndicale (Sud Pompiers, SNSPP-PATS et CFDT Pompiers) a en effet décidé de poursuivre son mouvement de protestation. Vers 9h30 hier, une quinzaine de soldats du feu ont bloqué la circulation rue Monthyon à Saint-Denis, devant le siège du SDIS. Des pompiers venus d’autres casernes de l’île sont venus par la suite rejoindre le mouvement, en dehors de leurs heures de service. Les manifestants réclament le paiement de leurs heures supplémentaires effectuées lors de l’incendie qui a ravagé les Hauts de l’Ouest en octobre 2011. Dans le même temps, ils refusent l’application du régime de garde de 12 heures.
En milieu de matinée, les pompiers ont demandé une entrevue avec Nassimah Dindar, présidente du SDIS. Selon Éric Turpin, secrétaire général de la CFDT Pompiers, les pompiers mécontents devraient être reçus aujourd’hui ou demain. Hier à 16 heures 20, les manifestants ont plié bagage. Le mouvement reprend aujourd’hui.

Des poubelles installées au milieu de la rue Monthyon, des voitures bloquées à l’intérieur du siège du SDIS, banderoles et drapeaux sur les grilles de la structure et musique sono en fond… Le feu couve toujours chez les pompiers de l’île. Hier, en fin de matinée, ils étaient une trentaine de soldats du feu à s’être rassemblés devant le siège du SDIS afin de « maintenir la pression ». « Malgré les documents officiels, la Direction est restée hier sur ses positions. Le directeur du SDIS nous a même affirmé que nous n’étions pas compétents », rappelle Éric Turpin, secrétaire général de la CFDT Pompiers. 



Au vu de la situation qui semble être bloquée, Éric Turpin, tout comme l’intersyndicale, demandent à ce que Nassimah Dindar, présidente du SDIS, se rende sur place dans la journée et fixe enfin un point d’accord sur le paiement des heures supplémentaires de leurs interventions lors des incendies qui ont ravagé les Hauts de l’Ouest en octobre 2011. 



En milieu d’après-midi hier, l’intersyndicale a précisé qu’un entretien avec la présidente du SDIS a pu être obtenu et est prévu ce mercredi 11 janvier ou demain jeudi 12 janvier.



À 16 heures 20, les manifestants ont plié bagage. Ils reprendront le mouvement dès aujourd’hui.

Rappelons que les soldats du feu exigent toujours l’application d’un taux horaire à hauteur de 10 à 13 euros — en fonction du grade du pompier et comme le prévoient les textes du régime indemnitaire de droit commun pour la fonction publique — au lieu des 6 à 10 euros actuellement. « La Direction nous paie depuis octobre 2010 sur la base d’un texte de 1988, modifié par la suite en 2006, non applicable dans l’île puisqu’il concerne les départements menacés par les feux de forêt, comme la région PACA (Provence Alpes Côte d’Azur) », souligne le secrétaire général de la CFDT Pompiers. Or, La Réunion ne figure pas dans la liste de ces départements.



À la question “pourquoi ne pas avoir réagi plus tôt”, Éric Turpin avoue que « les pompiers sont certes restés passifs, mais qu’il fallait arrêter un moment donné ». Concernant les propos du colonel Vandebeulque affirmant que « les pompiers n’avaient pas intérêt à ce que les feux durent », il répond : « Quel pompier a intérêt à ce que le feu dure ? Tout d’abord, c’est une tâche très pénible d’éteindre un feu et, financièrement, ce sont nos impôts. Il faut qu’il fasse la part des choses ». 



Les soldats du feu sont également mobilisés afin de dire non au régime de garde de 12 heures contre 24 heures actuellement. « Cela coûterait plus cher au SDIS, mais en plus, cela entraînerait la disparition de l’esprit d’équipe », poursuit le syndicaliste.



Le mouvement de protestation des soldats du feu a débuté lundi 9 janvier 2012, à 8 heures, à l’appel de l’intersyndicale (Sud Pompiers, SNSPP-PATS et CFDT Pompiers). S’il touche l’ensemble des casernes de l’île, la grève n’est toutefois pas visible par la population puisque les soldats du feu continuent d’assurer toutes les interventions de secours.
 



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