Luttes sociales

Les grévistes prônent le dialogue

Conflit à EDF et à la Séchilienne-Sidec

Témoignages.re / 9 avril 2011

La CGTR-EDF a fait part hier de sa position à la suite de l’avis du rapporteur public du Conseil d’État relatif à la requête de Séchilienne-Sidec. Si cet avis est suivi, alors cela signifie que la situation est la même qu’en janvier dernier. Le syndicat demande l’application de la loi, et reste ouvert au dialogue avec les Directions.

Les grévistes d’EDF et de la Séchilienne-Sidec veulent se mettre autour de la table pour dialoguer avec les Directions des deux entreprises. C’est ce qu’a rappelé Patrick Hoarau, secrétaire général à la CGTR-EDF, lors d’une conférence de presse organisée hier. Il est également revenu sur l’avis du rapporteur public du Conseil d’État, qui a demandé ce jeudi 7 avril le rejet de la requête déposée par la Séchilienne-Sidec. Requête qui porte sur l’interprétation de l’article 14 paragraphe 6 du statut des industries énergétiques et gazières. C’est en se basant sur cet article que les salariés demandent l’alignement de leur salaire sur celui des fonctionnaires, à savoir une prime de vie chère de 53%, conformément à la loi.
« Nous avons toujours été ouverts au dialogue. C’est la Séchilienne-Sidec et EDF qui ont décidé de saisir le Conseil d’État », tient à préciser Patrick Hoarau. Saisine qui ne devrait pas aboutir au regard de l’avis rendu par le rapporteur public. Même si cet avis ne lie pas la haute juridiction administrative, le juge le suit souvent. D’où l’affirmation du syndicaliste : « on en revient au même point qu’au début du conflit », en janvier.
Si le Conseil d’État rejette effectivement la requête, deux pistes sont étudiées par la CGTR-EDF. Soit le dialogue est de nouveau ouvert entre salariés et Directions, soit les grévistes saisissent le juge judiciaire (Tribunal de Grande instance ou Tribunal des Prud’hommes). « Dans ce cas, on entrera dans une procédure qui va durer des mois, voire des années », signale Patrick Hoarau. Pour l’heure, c’est la piste du dialogue qui est privilégiée. Une demande de médiation a été faite auprès du Ministère de l’Énergie la semaine dernière. « Pour l’instant, nous n’avons pas obtenu de réponse, mais il est urgent que la porte de la discussion soit de nouveau ouverte », explique le syndicaliste. Il souligne également que « notre revendication principale est l’application pleine et entière de l’article 14 paragraphe 6, et elle ne changera pas ».

En attendant la décision du Conseil d’État et l’ouverture éventuelle d’une médiation au niveau national, les salariés de La Réunion, mais aussi des Antilles, restent en grève. « Nous étudions les possibilités de contester les assignations adressées aux salariés de la Séchilienne-Sidec », indique Patrick Hoarau, qui parle de « manipulation politique » autour du mouvement initié par la CGTR-EDF.


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