Luttes sociales

Les grévistes sont déterminés à aller jusqu’au bout

EDF et Séchilienne Sidec refusent toujours d’appliquer la loi

Sophie Périabe / 30 mars 2011

Dans le conflit qui oppose les salariés de la Séchilienne Sidec et ceux d’EDF à leur direction, la situation « se dégrade ».

Voilà plus d’un an que les salariés d’EDF et de la Séchilienne Sidec demandent l’application de l’article 14 paragraphe 6 du statut national des IEG (industries électriques et gazières). Aujourd’hui, après plusieurs tentatives de négociations, le conflit s’enlise.
La semaine dernière, les salariés de la Séchilienne Sidec sont entrés dans un mouvement de grève illimitée, suivis par les salariés d’EDF quelques jours plus tard.
Un piquet de grève a été installé devant la centrale du Port sans toutefois empêcher le bon fonctionnement de la centrale.
« Ce matin, (hier matin-NDLR), la direction d’EDF est venue avec un huissier assigner 5 grévistes en justice pour blocage site » indique Max Banon, délégué CGTR à EDF.
Impossible pour les grévistes de connaître les critères sur lesquelles ces 5 salariés ont été retenus. « Cela pose évidemment une question de droit » précise le syndicaliste.
« Nous sommes sur un piquet de grève national avec un préavis national. Nous avons ici des référents, le droit voudrait que la direction s’adresse aux responsables syndicaux ». Autrement dit, d’après la CGTR, ce sont les responsables syndicaux qui auraient du être assignés en justice. Max Banon dénonce des méthodes « d’intimidation » pour casser le mouvement. Il note également que « ceux qui ont assigné nos collègues touchent les 53% eux ».

« La vie est chère pour tout le monde »

La CGTR dénonce également les agressions subies par des salariés de la CGTR Sud par des « éléments incontrôlés » du "collectif" des Réunionnais en colère. « Que les gens revendiquent des remboursements, on les comprend. La CGTR est même prêt à accompagner ces gens là dans certains cas mais il faut se poser les vraies questions, qui est responsable de quoi ? »
Selon les grévistes, ce sont la direction d’EDF, les patrons de la Séchilienne Sidec et le ministère qui sont les responsables de cette situation. « Depuis 2 ans que la question est ouverte, ni l’Assemblée Nationale, ni le Sénat n’ont soulevé la question » déplore Max Banon.
Conscients que leur mouvement est mal accepté par de nombreux réunionnais, les grévistes insistent sur le fait qu’ils ne font que défendre une loi. « La conséquence de cette loi est une augmentation des salaires mais si nous laissons passer ça, à chaque fois qu’un salarié voudra faire appliquer une loi, il faudra aller devant le Conseil d’Etat ».
Max Banon souligne également qu’une grève n’est jamais une partie de plaisir, « une grève signifie qu’il y a un échec total di dialogue social ».
La question de vie chère reste évidemment au centre de ce conflit. « La vie est chère pour tout le monde à la Réunion, cela mérite un examen approfondi de la part des services de l’Etat » explique le délégué syndical.
Une délégation de députés était bien venue dans notre département pour plancher sur cette question et « ils avaient dit dans leur rapport qu’il faudrait un SMIC spécifique dans les DOM » nous rappelle Max Banon. Mais là encore, s’agirait-il d’un dossier qu’on laisse au fond des tiroirs ?
Concernant la distribution d’électricité, une partie des centrales de Bois Rouge et du Gol ont redémarré diminuant ainsi les délestages mais le sud de l’île reste la zone la plus touchée par les coupures électriques. La Séchilienne Sidec a "parachuté" des travailleurs de métropole, et même de Maurice, pour palier le manque de personnel. « Nous avons fait une demande de médiation national hier (lundi-NDLR), car cela concerne les 4 DOM, mais pour l’instant nous n’avons toujours aucune réponse » déplore Max Banon.
La grève se poursuit donc encore aujourd’hui.

 S.P. 


Kanalreunion.com