Luttes sociales

Les jeunes obtiennent d’être entendus par le représentant de l’État

Manifestation des enseignants mutés en métropole

Témoignages.re / 23 avril 2010

L’ambiance était électrique hier matin devant les grilles de la Préfecture. Les enseignants affectés en métropole rassemblés dès 9 heures pour tenter d’obtenir une audience avec le préfet Michel Lalande se sont opposés aux policiers.
Bousculades, huées, les manifestants ont fait entendre leurs voix et ont obtenu gain de cause. Après avoir formulé un refus, la Préfecture a révisé son point de vue. À 10h30, elle a accordé une audience aux professeurs grévistes et aux syndicalistes de la FSU qui les soutiennent. Vers 11h30, les grévistes se sont dirigés vers l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) et occupent les lieux pour interpeller la Direction et les étudiants sur la situation actuelle.

Les enseignants étaient près d’une trentaine hier matin à se mobiliser devant la Préfecture, soutenus par la FSU, des associations de parents d’élèves, par Ivan Hoareau de la CGTR et Jean-Pierre Rivière de la CFDT.
À 9 heures, la Préfecture a d’abord annoncé qu’elle « ne recevrait pas les enseignants, que cela ne relevait pas de sa compétence », a rapporté Christian Picard de la FSU. « Il y a un réel manque de dialogue social », déplore le syndicaliste. Du côté des professeurs mutés, l’inquiétude grandit après une neuvième nuit de campement à l’Hôtel de Région.
« Au-delà de la situation des néo-titulaires réunionnais, nous dénonçons la politique du gouvernement. L’éducation n’est plus une priorité pour l’État. Nous ne menons pas un combat égoïste. Et c’est faux de dire que les enseignants ont peur d’aller en métropole. Il y a de réels besoins ici », lance Christian Picard à ses détracteurs.

La FCPE (Fédération de parents d’élèves) s’est exprimée elle aussi, en la personne de Jean Odel Oumana : « Nous demandons la transparence sur les postes vacants. Nous souhaitons que ces postes soient confiés à des néo-titulaires et que certaines heures supplémentaires soient transformées en postes. C’est un investissement pour l’avenir, pour la jeunesse ».

Vers 10 heures, les manifestants ont tenté d’entrer par la force dans l’enceinte de la Préfecture, mais ils ont été repoussés par les officiers de police rassemblés devant les grilles. Des bousculades se sont produites, mais les grévistes ont persisté. Ils scandaient : « on veut le préfet » et ont monté le volume de la sono pour danser sur un titre du chanteur Toulou devant les forces de l’ordre. « C’est inadmissible que l’on nous refuse une audience, le préfet ne travaille pas que sur certains dossiers, il est le représentant du gouvernement dans son ensemble », estime la FSU.

Vers 10h30, la Préfecture a fait savoir aux enseignants qu’elle leur accordait finalement un entretien. « Nous avons rappelé les motifs de notre mobilisation et demandé à ce que nos dossiers soient enfin traités », insiste le collectif des enseignants mutés.

Le collectif Agir pou nout’ tout’ a indiqué dans un communiqué qu’il « encourageait les professeurs dans leur démarche et demandait au gouvernement de tout mettre en œuvre pour appuyer et valider les vœux de ces jeunes ».


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