Luttes sociales

Les jeunes Réunionnais expulsés du Rectorat par la police

Trois heures après une rencontre des grévistes avec le président de la Région

Témoignages.re / 7 avril 2010

L’occupation pacifique du rectorat avait débuté hier après midi. À 17 heures, une délégation est reçue par Didier Robert qui s’engage à « débloquer la situation ». Trois heures plus tard, les policiers interviennent pour expulser les jeunes Réunionnais du Rectorat.

Les enseignants stagiaires mutés en métropole pour la prochaine rentrée ont été évacués de l’enceinte de l’Académie par les policiers hier à 20 heures. Ils occupaient le hall du bâtiment depuis ce mardi après-midi pour demander un réexamen de leur situation. Mutés en région parisienne, la trentaine d’enseignants, qui avaient investis les lieux et comptaient y camper « jusqu’à obtenir satisfaction », demandaient au Recteur de négocier avec le ministère de l’Education Nationale leur maintien dans le département. Une rencontre a également eu lieu à 17 heures à l’hôtel de Région. Didier Robert s’est engagé à « agir pour débloquer les situations ». Les enseignants demeurent « mobilisés pour d’autres actions futures ».
Les 40 enseignants concernés par le mouvement inter académique ont entamé une grève illimitée ce mardi 6 avril 2010 à l’appel de la Fédération syndicale unitaire (FSU). Une délégation menée par Christian Picard, secrétaire général à la FSU a été reçue par le secrétaire général du Rectorat Eugène Krantz à 14 heures, mais à la sortie, « peu d’avancée sur les dossiers », déplore le syndicaliste.
Après un piquet de grève devant le Rectorat ce mardi matin, les enseignants sont descendus à pied à la Région pour demander audience au président du Conseil régional, Didier Robert. Le responsable de la collectivité avait en effet promis d’aborder cette question lors de son entrevue avec Nicolas Sarkozy et François Fillon.


Soutien des parlementaires au droit des jeunes à travailler dans leur pays

Gélita Hoarau et Huguette Bello demandent au président de la République la concrétisation de ses paroles

Présente hier aux côtés des jeunes en lutte, la Sénatrice Gélita Hoarau interpelle le Président de la République et le Ministre de l’Education nationale sur le problème récurrent des mutations des professeurs néo-titulaires de La Réunion. Demain au Sénat, elle portera ce débat au plus haut niveau. Hier, c’est Huguette Bello qui a interpellé le ministre de l’Education à l’Assemblée nationale.

« Chaque année de façon arbitraire, des professeurs récemment diplômés subissent des mutations dans des académies métropolitaines alors que des postes sont à pourvoir à La Réunion », déclare la Sénatrice dans un communiqué.
« Encore, cette année, ils sont dans l’obligation de manifester au Rectorat pour obtenir un poste localement », précise-t-elle.
« Or, le Président de la République ainsi que le Comité interministériel de l’Outre-mer ont eu l’occasion d’affirmer leur volonté de favoriser l’embauche des Ultramarins dans leur région d’origine au sein de la fonction publique.
La Sénatrice Gélita Hoarau demande donc au Président de la République et au gouvernement la concrétisation de ces déclarations »
, conclut le communiqué.
Hier devant les grilles du Rectorat, Gélita Hoarau a ajouté qu’elle prendra la parole demain au Sénat pour porter cette question au sein de la Haute assemblée. Elle a rappelé que tous les ans, de jeunes Réunionnais sont confrontés à cette situation alors que des postes existent à La Réunion. « Il faut une bonne fois pour toute régler ce problème récurrent », a-t-elle dit.
Pour sa part Huguette Bello est intervenue hier à l’Assemblée nationale pour attirer l’attention du Gouvernement sur la situation des enseignants stagiaires mutés d’office dans des académies de l’Ile-de-France. « Ces enseignants stagiaires se verront-ils appliquer les nouvelles dispositions souhaitées par le Président de la République en matière de mobilité pour les fonctionnaires ultramarins ? », a demandé Huguette Bello.
« Dans sa réponse, Luc Chatel, Ministre de l’Education nationale, a surtout fait référence aux 1000 points de bonification accordés aux originaires de l’Outre-mer, cette bonification étant, selon lui, la déclinaison des propos tenus par le Président de la République le 6 novembre dernier », précise un communiqué du secrétariat parlementaire de la députée.


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