Luttes sociales

Les produits alimentaires sont beaucoup plus chers

Le LKP conteste les résultats de l’étude de l’INSEE

Témoignages.re / 24 août 2010

Dans "Témoignages" d’hier en page 5, il a été question d’une dépêche de l’AFP interprétant les résultats d’une étude comparative de prix de l’INSEE entre les DOM et la France. Le commentaire affirmait notamment que cet écart est inférieur au taux de majoration des salaires des fonctionnaires Outre-mer. Le LKP conteste les résultats. Voici un article d’Alain Plaisir, membre du LKP, dans "Caraib créol news", avec des intertitres de "Témoignages".

Le rapport de l’INSEE (juillet 2010) a fait couler beaucoup d’encre et même provoquer les réactions du président du MEDEF Guadeloupe, qui s’est cru autorisé à porter une attaque contre les 40% des fonctionnaires, arguant du faible écart des prix entre la France » et les « DOM », en clair de la disparition de la pwofitasyion.
Il est dommage que les enquêteurs de l’INSEE n’aient pas été autorisés à commenter leur étude sur la comparaison des prix entre les DOM et la France en 2010.
S’ils l’avaient pu, Ils auraient indiqué, comme ils l’ont écrit dans leur enquête :

- Que l’écart des prix entre les DOM et la France n’a pas pratiquement pas changé depuis 1985. L’écart qui était de 17.3% en 1985 est encore de 15.9% en 2010. L’INSEE ajoute même qu’après avoir baissé entre 1985 à 1992, les prix ont augmenté entre 1992 et 2010 ; en prenant en compte le panier de consommation métropolitaine (le seul utilisé lors de l’enquête de 1992). Étonnant quand on sait que le prix du fret a considérablement baissé en 20 ans et que les hypermarchés et les supermarchés (censés vendre moins cher) se sont multipliés en Guadeloupe, depuis cette date.

- Que les écarts de prix sont plus marqués pour les produits alimentaires.

34% de plus pour le "panier métropolitain"

Pour le panier métropolitain (c’est-à-dire les vrais Français ?), l’écart est de 34%. Quand on sait que les familles modestes consacrent l’essentiel de leurs revenus à l’alimentation, on comprend les difficultés des milliers de foyers guadeloupéens à « joindre les deux bouts », et ce sentiment justifié et persistant de pwofitasyon.
Certains ayant mal lu, ou pas lu le rapport, ont simplement retenu que l’écart des prix n’était plus que de 8.3%. Cette différence entre le panier de consommation métropolitaine et le panier de la consommation guadeloupéenne s’explique par une différence de modes de vie. C’est une interprétation de l’INSEE qui nécessite débat. D’après cet organisme officiel, les dépenses de cinéma et de théâtre, de services sportifs et récréatifs ou de restaurants y sont moindres qu’en France.
Autre chose sur laquelle les enquêteurs de l’INSEE, n’ont pas eu le loisir de s’expliquer, ce sont les écarts de prix considérables à l’intérieur même de la rubrique produits alimentaires.

220% plus cher

Ainsi le LKP dans un comparatif de prix entre grandes surfaces de la région parisienne et celles de la Guadeloupe, a noté par exemple, une différence de 13% pour le lait, mais de 136,31% pour les céréales Corn Flakes (ce qui fait qu’un petit déjeuner coute 75% plus cher pour un petit Guadeloupéen). Un écart de 33.11% pour la purée mousseline, mais de 220% pour la margarine Astra. (voir tableau)
D’ailleurs, tous ces chiffres du LKP, ainsi que les mécanismes de la pwofitasyon ont été confirmés par l’autorité de la concurrence, qui a constaté dans son rapport du 18 février 2009, que :

- Sur un échantillon de 75 produits importés de la France vers les DOM, les écarts de prix en magasin avec la France dépassent 55% pour plus de la moitié des produits échantillonnés. Parfois, elles approchent de 100%

- Certains importateurs grossistes parviennent à prélever des marges commerciales conséquentes qui oscillent entre 20 et 60%

- Le secteur de la grande distribution à dominante alimentaire dans les DOM est trop peu concurrentiel. Certains groupes détenant des parts de marché en surfaces commerciales supérieures à 40%.

- La non-répercussion des marges arrière dans le prix de revente au consommateur.

- Des pratiques anticoncurrentielles.

Au vu de nos constatations et de celles de l’autorité de la concurrence (qu’on ne peut pas soupçonner de complicité avec le LKP), on peut affirmer sans risque de se tromper que la vie chère est une réalité en Guadeloupe et que la pwofitasyion continue

A. P.



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  • Il devient de plus en plus dur à la Réunion de se nourrir. Je fais partie de la "classe moyenne" (entre guillemets) et j’éprouve des difficultés pour joindre les deux bouts. Je me demande comment font les gens qui n’ont que le smic ou des allocations (rmi ou assedic) pour vivre, je dirai survivre. Il est clair qu’il y a un problème avec les distributeurs. Je pense que pour les régions sinistrées en matière d’emploi, de revenus faibles comme à la Réunion, l’Etat devrait intervenir dans l’économie de marché. L’Etat n’a pas le droit de nous laisser seuls en face de ces "faiseurs de bénéfices". Je constate tous les jours des augmentations de prix dans les supermarchés.Des augmentations sournoises de 12 centimes sur un prix de 4 euros : cela fait 4% d’augmentation en un jour ! Sinon des augmentations flagrantes : 10 % d’un seul coup. Lorsque l’on trouve un responsable qui peut répondre, il dit : "c’est la Centrale qui fait les prix, nous on ne peux rien". Cette ou ces centrales, c’est par là qu’il faut bloquer, pas les commerces où on va pénaliser le petit vieux qui vient acheter sa boite de conserve ou le jeune qui vient acheter du lait pour pouvoir suivre sa scolarité. Les Centrales d’Achat à la Réunion nous prennent pour des imbéciles. Je suis allé dernièrement en Métropole. Lorsque je suis allé faire des courses, j’étais comme un gamin (j’ai 56 ans) devant le prix des articles. J’ai acheté des choses que je ne pouvais plus manger ici à la Réunion tellement c’est devenu cher. Pour donner un exemple : 10 kg de pomme de terre pour 1,90 euros ;à la réunion le kilo est à 1,80 euro ! Dix kilos d’oignons pour 3 euros ! Trouvez l’erreur !
    Pour le reste pate à tartiner, chocolat, patisserie, viande, la difference est au minimum de 40%.
    Si cela continue à augmenter à la Réunion, nous allons vers une catastrophe alimentaire. Les gens ne pourront plus s’alimenter correctement. A mon avis à la Réunion, ce n’est pas le salaire qu’il faut augmenter,c’est faire baisser le prix des produits alimentaires. Car si les salaires augmentent les importateurs vont encore d’autant augmenter leurs prix.

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