Luttes sociales

Les Réunionnais ont droit à la transparence

Professeurs des écoles

Geoffroy Géraud-Legros / 12 août 2009

Après l’intervention de l’UNEF, le recrutement des professeurs des écoles dans notre île est toujours entouré d’une grande opacité. La question pose pourtant des débats de fond qui doivent être abordés de manière urgente, pour redonner des perspectives à la jeunesse.

Quelle sera la proportion de Réunionnais parmi les professeurs des écoles (PE) qui entreront en fonction à la rentrée 2009 ?
D’apparence administrative et technique, cette information est pourtant recouverte par un voile d’opacité. Joints par "Témoignages", les services de l’Académie de La Réunion sont longtemps restés évasifs, et déclaraient encore hier matin « ne pas avoir procédé aux calculs ». « Nous publions en général ces chiffres deux jours avant la rentrée », explique-t-on du coté du Rectorat, où l’on assure qu’il n’y a « ni mystère ni secret ». Les mêmes services peinaient de même à produire une estimation du nombre total de professeurs des écoles qui débuteront dans une semaine.
Il aura fallu la montée au créneau, avant-hier, de Gilles Leperlier, Président du syndicat étudiant UNEF, pour apporter quelque lumière sur ce sujet. « L’Administration semble particulièrement mal à l’aise dès que cette question est abordée. Au cours des débats, elle n’a cessé d’orienter les débats vers d’autres sujets. Visiblement, notre demande l’a mise au pied du mur ».
Les difficultés rencontrées par la presse et les étudiants pour obtenir des informations soulignent le déficit de transparence qui frappe les institutions. En privé, des sources proches du rectorat justifient ces réticences par la volonté de ne pas « enclencher des polémiques et des faux débats ».
On ne peut que déplorer cette attitude : les Réunionnais n’ont-ils pas droit, comme l’ensemble des citoyens, de disposer des informations relatives au fonctionnement des services publics ? De plus, la transparence et l’instauration d’un débat loyal, serein et sans tabous, ne sont-ils pas les seuls moyens de désamorcer les « polémiques et les faux débats » ?

Poser les questions fondamentales

Le Rectorat a fini par annoncer en fin d’après-midi que le nombre de professeurs des écoles venus d’autres Académies s’élèverait à 158, appelés pour compenser le départ de 88 enseignants "insulaires". « L’excédent qui en résulte est exceptionnel, et est dû au nombre élevé de lauréats », assurent les services du Rectorat, qui ajoutent que la situation « est la même dans d’autres Académies ». Une question demeure en suspens : les professeurs des écoles "excédentaires" vont-ils bénéficier d’un traitement préférentiel par rapport aux Réunionnais ? Depuis l’ouverture du débat par l’UNEF, les témoignages qui se multiplient font apparaître que les titulaires de l’Académie de La Réunion sont trop souvent affectés à des postes de remplaçants, alors que les nouveaux arrivants disposent de postes stables.
Au delà de ces questions se pose une série de problèmes de fond : pourquoi l’Académie de La Réunion n’ouvre-t-elle au concours qu’un nombre de poste insuffisant pour satisfaire la demande, alors que la population s’accroît et que les besoins en matière d’éducation augmentent ? Pourquoi la reconnaissance des spécificités culturelles ne s’accompagnent elles pas d’une réflexion de fond sur les problèmes d’éducation comme sur la nécessité de former en priorité des enseignants issus du même environnement culturel que leurs élèves ?

Geoffroy Géraud


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