Luttes sociales

Les riches de plus en plus riches

Les inégalités en France

Céline Tabou / 6 janvier 2012

Le journal « Les Echos » a annoncé l’augmentation des dividendes des « stars du CAC 40 », qui « résistent à la crise ». Selon certains analystes, les grandes entreprises devraient verser près de 37 milliards d’euros à leurs actionnaires.

Alors que le nouveau budget de l’État vient d’entrer en vigueur avec plusieurs mesures qui vont principalement toucher aux bourses des ménages et des plus démunis, les « ténors du CAC 40 » vont s’enrichir malgré la crise économique et financière internationale.

La récession n’aura pas d’effets sur le CAC 40

Au début de la crise en 2008, les dividendes des entreprises du CAC 40 représentaient 37,8 milliards d’euros, cinq ans plus tard, celles-ci sont de 41,7 milliards d’euros, soit une hausse de 3,9 milliards d’euros d’après les estimations des analystes du consensus FactSet. Les actionnaires des grandes sociétés françaises, inscrites au CAC40, de l’argent prélevé sur le bénéfice net ou sur les réserves de la société. Les analystes prévoient des « bénéfices récurrents agrégés » autour de 86 milliards d’euros. Parmi les grandes entreprises, Total remporte la palme avec un versement de dividende de 5,38 milliards d’euros, suivit par France Télécom (3,71), Sanofi (3,48), GDF Suez (3,38) et EDF (2,13 milliards d’euros).
Pendant que les principales sociétés se versent d’importants bénéfices, la France est en récession. L’Institut national de la statistique (Insee) a indiqué dans son dernier bulletin sur la conjoncture, le 16 décembre, que le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait reculer de 0,1% au premier trimestre 2012. Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView, a expliqué que malgré la dégradation de la conjoncture, qui a été assez « tardive dans l’année », les entreprises possèdent énormément de cash, du fait de leur résistance en 2011.

Les banques déstabilisées

BNP Paribas, la Société Général et le Crédit Agricole sont les trois principales banques françaises qui auront conduit au deux derniers plans de rigueur lancés par Nicolas Sarkozy, en 2010. Selon les analyses, seul le Crédit Agricole SA a indiqué qu’il proposerait à l’assemblée générale de ne pas verser de dividende au titre de l’exercice 2011, du fait des pertes enregistrées avec la crise grecque. Cependant, le Crédit Agricole vient d’annoncer le renforcement du capital d’Emporiki, banque grecque, à hauteur de deux milliards d’euros.
De son côté, BNP Paribas reste la banque qui versera prêt de 1,98 milliard d’euros à ses actionnaires, au titre de l’année 2011. Ces dividendes ont été permis par le sauvetage coordonné par la droite au pouvoir. En contrepartie, du non versement de dividende, la Société Générale a décidé de supprimer 880 postes au sein de sa banque de financement et d’investissement (BFI), ce qui représente 13% des effectifs de cette division en France. La direction de la Société Générale a également annoncé aux organisations syndicales qu’il faudra ajouter à ce montant environ 700 suppressions d’emplois à l’étranger, ce qui porte à près de 1.600 le nombre total de départs prévus dans la BFI en 2012. Miné par la crise de la dette souveraine en Europe, notamment en Grèce, la Société Générale accuse le coup des erreurs des traders qui ont mené la crise actuelle à son paroxysme.

Céline Tabou


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