Luttes sociales

Les salariés, oubliés de la crise

L’Intersyndicale appelle à la mobilisation

Témoignages.re / 29 septembre 2009

Lors de la réunion du 24 septembre du Service Public de l’Emploi Régional, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et la CGTR ont exprimé leur souhait de voir participer aux dits travaux l’ensemble des organisations syndicales (UNSA, SOLIDAIRES et FSU non invitées), sans incidence sur la question de la représentativité, l’Intersyndicale a rappellé lors d’un communiqué les raisons de sa présence, les intertitres sont de “Témoignages”.

L’Intersyndicale a fait valoir que les conséquences sociales de la crise seront extrêmement importantes.

Quand bien même la relance économique serait pour le 2ème trimestre/semestre 2010 (rien n’est sûr !), le social ne suivra pas dans le même temps et les dégâts de la crise demeureront.
Sur la base des éléments d’aujourd’hui (sous estimés, faut-il le préciser), tout laisse penser que nous irions vers plus de 10.000 pertes d’emplois.
De par son ampleur, le problème n’est plus que social et impactera toute la société. Nous avons donc interpellé la Préfecture pour la mise en place d’une cellule de crise, un véritable protocole Novelli, pour les salariés.
Si les “priorités de la politique de l’emploi” mises en avant par l’Etat pour les entreprises abordent (dans des conditions discutables) la question du maintien en emploi des salariés, ils n’apportent aucune solution aux nombreux salariés qui seront, malgré tout, licenciés. Ce sont autant de personnes qui ne pourront plus payer leurs loyers, rembourser leurs prêts d’équipement, de consommation ou immobilier, payer les cantines scolaires, les impôts d’Etat ou des collectivités locales…. C’est toute notre société qui s’en trouvera encore plus ébranlée.

La mise en place d’une cellule de crise

L’Intersyndicale affirme l’impérieuse nécessité de mettre en place, au niveau départemental et interprofessionnel une cellule de crise (à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle).

L’objectif est de mutualiser les moyens financiers et techniques pour éviter, autant que faire se peut, les licenciements et, le cas échéant, aider les salariés qui se retrouvent dans l’impossibilité de répondre à leurs échéances fiscales et sociales.
Cette cellule de crise devra permettre de mieux veiller à ce que le recours à la formation ne soit pas une rustine et que les formations dispensées soient, pour l’essentiel, des formations qualifiantes prenant en compte le choix des salariés et les besoins du développement.
En vain, le représentant de l’Etat est resté sur sa position : « quand on aide les entreprises, on aide les salariés ». Un peu court et léger !

Des solutions pour les salariés

L’intersyndicale estime qu’il faut stopper l’hémorragie et, sur ce point, la responsabilité de l’Etat et des entreprises est déterminante.
Il faut interdire les licenciements en cas de distribution de dividendes et de rémunération “exagérée” de l’employeur.
Il faut relancer le congé de solidarité.
Les bénéficiaires du RSTA doivent recevoir leur dû. Au cas contraire, la responsabilité de l’Etat serait engagée.
Le patronat utilise la crise pour restructurer et les salariés sont les seuls payeurs de cette crise dont ils ne sont pas responsables.
Le sort des salariés les plus fragiles a été souligné par l’intersyndicale, c’est-à-dire les jeunes, les seniors, les chômeurs en fin de droit, retraités, les non qualifiés.

Celle ci a fait état de l’inadaptation flagrante de Pôle Emploi à la situation d’aujourd’hui. Elle appelle les élus à suivre de très près la mise en place et le fonctionnement de cet outil qui va totalement à l’encontre de ce qu’auraient besoin les demandeurs d’emploi.
Sur du plus long terme, il convient de conditionner les aides à l’emploi d’une part et d’aider à la structuration du tissu économique, tant il est vrai qu’un tissu de TPE voire de micro entreprises n’est pas un atout pour sortir de la crise. Pire, cette caractéristique accentue les effets de la crise !

Pour un changement de comportement

La moralisation de la sous-traitance doit aussi être un chantier de première importance et la crise montre clairement, s’il en était besoin, que la sous-traitance est, de plus en plus, un moyen pour les grosses entreprises d’externaliser les risques sociaux et financiers sur les petites. Et quand ces dernières sont frappées de plein fouet par la crise, les dégâts se démultiplient.
Les institutions financières sont appelées à changer de comportement au regard des petites entreprises et de ces milliers de salariés qui rencontrent des grosses difficultés de paiement.
L’intersyndicale note, qu’à une de ses questions, la Direction du Travail a répondu qu’elle dispose aujourd’hui des moyens nécessaires pour contrôler les plans de revitalisation, pour suivre les conventions d’APLD, pour éviter les effets d’aubaines notamment dans l’utilisation du chômage partiel….
Les organisations syndicales ont, en effet et notamment, attiré l’attention sur une bonne utilisation du chômage partiel. Il serait anormal, amoral que les entreprises qui n’en n’ont pas besoin soient celles qui utilisent le plus le chômage partiel.
La responsabilité des entreprises par rapport aux territoires est fortement soulignée.

Il convient rapidement que le bonus de 50 euros soit payé par l’ensemble des entreprises à la Réunion. Et que cessent les appels publics au vol de l’argent des salariés (l’annulation des cotisations sociales) et ce, dans un silence assourdissant du Politique.

Les entreprises qui ont profité de nos 30 glorieuses devraient contribuer, en période de crise, au développement de ce territoire qui leur a tant donné.
A toutes ses propositions de l’Intersyndicale, l’écoute de l’Etat et du monde patronal, au-delà de la courtoisie républicaine, a fait défaut.

L’Intersyndicale appelle les salariés à se mobiliser pour faire entendre leurs voix que beaucoup souhaiterait inaudible.

Saint Denis le 28 septembre 2009.

Le Secrétaire de la CGTR.
Ivan Hoareau


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