Luttes sociales

Les salariés sont « contents mais pas sereins »

Fin du conflit du Cinépalmes

Témoignages.re / 26 octobre 2009

Les grévistes et la direction du Cinépalmes de Sainte-Marie se sont enfin entendus sur un protocole d’accord vendredi soir. Après deux semaines de mobilisation, le travail a repris pour les grévistes ce samedi 24 octobre, mais la sérénité n’est pas au rendez-vous. La satisfaction des victoires obtenues est altérée par la crainte de « retombées » de la part de la direction. Les délégués syndicaux et salariés déclarent rester « sur le pied de guerre » pour les jours et les mois à venir.

« Tout ça pour ça ! Il était temps que nous aboutissions. Après l’échange de cinq protocoles d’accord, nous sommes finalement arrivés à ce que nous voulions. En faisant durer le conflit, la direction a essayé de nous démobiliser, mais sans succès », déclare Dominique Derancy, délégué syndical du Cinépalmes de Sainte-Marie.
Le protocole d’accord prévoit la mise en place de cinq des 7 points de revendication des salariés. Pour commencer, le paiement d’un 13e mois sera effectif dès cette année 2009 mais par échelonnement. A la fin de l’année, les salariés percevront 1/3 du 13e mois, les 2/3 en 2010 et la totalité à partir de 2011.
Les repos perdus (l’absence de pause dans la journée, l’amplitude non respectée des 11 heures de repos entre la débauche et l’embauche, les 35h de repos par semaine souvent grignotés) seront régularisés soit financièrement soit par des congés payés selon l’entente qui se fera, au cas par cas, entre le salarié et la direction, avec l’application du principe de rétroactivité depuis la date d’embauche du salarié.
Pour gérer ces régularisations, les délégués du personnel prépareront un tableau qui résume la situation de chaque salarié, ainsi que leur volonté. Charge ensuite à la direction de le valider. Le cas échéant, les délégués syndicaux annoncent d’ores et déjà qu’ils ne laisseront rien passer. « Je saisirais immédiatement les syndicats qui nous soutiennent et gardent un œil averti sur l’évolution de notre situation », déclare Dominique Derancy, délégué du personnel du Cinépalmes. La confiance n’est pas au rendez-vous.
Par ailleurs, de nouveaux plannings intégrant un roulement par dimanche (légalement imposé par le code du travail) ainsi qu’un jour de repos supplémentaire doivent être mis en place dans les semaines à venir.
L’arrêt de l’embauche d’intérimaires est également prévu. Le quota de 800 à 1.000 heures effectués par des intérimaires depuis la création du complexe, il y a 4 ans, sera remplacé soit par l’augmentation des temps partiels pour les employés concernés qui le désire, soit par la création de postes.
Pour ces derniers points relatifs à l’organisation du temps de travail, l’Arvise, organisme indépendant qui s’occupe de la gestion des plannings des sociétés a été mandaté.

Appel à la vigilance

Le dernier point qui opposait les grévistes aux salariés, soit la mise en place de tickets restaurant pour les déjeuners et dîners a également obtenu gain de cause. Huit tickets restaurants seront distribués à chaque employé tous les mois.
Seuls leurs espoirs d’obtenir 5% d’augmentation de leur salaire ainsi que des compensations financières pour les dimanches et les heures de nuits travaillés n’ont pas été satisfaits.
Néanmoins, les salariés se disent encore inquiets et tendus quant à leur avenir. « On s’attend à des représailles de la part de la direction », affirme Dominique Derancy. Selon le délégué syndical, le jour où les salariés ont déposé leur préavis de grève, le directeur général d’exploitation du Cinépalmes les aurait menacé de « retombées » à l’issu de la mobilisation. « Nous restons tous, salariés et syndicats, très vigilants. Nous nous attendons à ce que ces prochains jours se révèlent un peu chaotiques », continue-t-il.
Cela faisait 14 jours que les salariés avaient entamé leur grève. Quelques tensions ont émaillé la mobilisation avec notamment une plainte déposée par la direction pour vol de bobines, qui avait valu à la justice d’être également saisie par les grévistes pour diffamation.


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