Luttes sociales

Les salariés veulent mettre fin aux discriminations salariales

Grève à EDF

Sophie Périabe / 1er octobre 2010

Depuis le 24 septembre dernier, les salariés d’EDF ont entamé un mouvement de grève pour mettre fin aux discriminations salariales. La Direction refuse d’appliquer une loi de 1974 qui accorde une prime de vie chère de 53% aux salariés ainsi que les Accords COSPAR relatifs aux bas salaires. Hier, les grévistes de l’agence de Saint-Pierre ont baissé les grilles vers 8h30.

Chaque jour, l’Assemblée générale décide des actions à mener. Hier, vers 8h30, les salariés grévistes d’EDF ont baissé les grilles de l’agence de Saint-Pierre, empêchant la population d’accéder aux locaux. Par ces actions, les grévistes entendent interpeller la Direction sur les discriminations salariales dont ils sont victimes. En effet, depuis 1974 et la nationalisation d’EDF, « la Direction n’a jamais appliqué cette loi qui prévoit une prime de 53% de vie chère pour l’ensemble des salariés », s’insurge Max Banon de la CGTR EDF. Mais, selon ce dernier, tous ne seraient pas logés à la même enseigne. En effet, « un cadre supérieur qui vient de métropole pour une mission de 4 ans dans le département bénéficie de cette prime ».
Les grévistes réclament réparation, avec rétroactivité, pour cette « injustice ». « Cette disposition doit aussi s’appliquer aux retraités qui ont été eux aussi victimes de discrimination. Cela a engendré un préjudice financier important ».
Les salariés dénoncent également la non-application du protocole COSPAR qui prévoit une prime pour les bas salaires.
Eh oui, il y a aussi des bas salaires à EDF. Max Banon assure que « certains collègues ne peuvent pas se permettre de faire une heure de grève », soit environ 10 euros en moins sur leur salaire.
Cette grève, suivie massivement par le personnel, fait ressortir également les problèmes de moyens dont disposent les agents pour rendre un service public convenable aux administrés.
« Actuellement, nous avons entre 500 et 600 dossiers en attente seulement pour des branchements », soutient Max Banon. Le représentant syndical souligne que de nombreux jeunes Réunionnais diplômés sont actuellement au chômage. « On n’est plus en 1974, ils doivent prendre en compte qu’il y a à La Réunion des jeunes diplômés ».
« De plus, avec le projet de loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité), les clients voient leur facture augmenter de 10% et certains services gratuits deviennent payants ».
Les grévistes entendent continuer leur combat jusqu’au bout et appellent au soutien de la population réunionnaise et à l’intervention du préfet. « Il faut arrêter de nous prendre pour des Français de seconde zone », martèle Max Banon.
Une réponse du président d’EDF était attendue dans la journée, ce qui déterminera la suite du mouvement.

 Sophie Périabe 


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