Luttes sociales

Les syndicats de l’Éducation appellent à la grève le 12 février

Refondation de l’école et rythmes scolaires

Céline Tabou / 6 février 2013

À l’occasion d’une conférence de presse, l’ensemble des organisations syndicales dans l’Éducation nationale a fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis de la « territorialisation de l’Éducation nationale » qui va faire naitre des inégalités entre les différentes régions de France.

Après plusieurs mobilisations, l’intersyndicale, composée de la CGTR Educ’action, Saiper Pass 974, CFTC Education, SNE FGAF, Fnec FP FO, Action démocratie et Sud Education Solidaires, a de nouveau dénoncé le projet de loi sur la refondation de l’école et le décret sur les rythmes scolaires.

« Le gouvernement s’est moqué de nous »

« Nous avons une grande idée du service public national, de nombreux enseignants demandent de meilleures conditions de travail, avec les moyens nécessaires, il ne s’agit pas d’une question de durée », a expliqué Séverine Dhaussy, de Sud Education Solidaires. Cette dernière a indiqué que les conditions de travail se détériorent et « les enfants ne sont pas pris en compte, ni même l’avis des parents » .

Pour Bernard Cadet, de la CFDT Education, « Est-ce que les parents d’élèves ont pris conscience que leurs enfants seront 35/38h par semaine à l’école ? Dans quel état seront-ils à la sortie des écoles ? ».

Dans un tel contexte, Laurent Turpin, de la CFTC Education, a expliqué que « le gouvernement s’est moqué de nous » .

L’intersyndicale a dénoncé les manœuvres du gouvernement. « Vincent Peillon avait dénoncé les méthodes du gouvernement précédent, mais il fait pareil aujourd’hui. Le personnel de l’Éducation n’a pas été pris en compte, ni l’avis des parents. Non seulement les méthodes sont les mêmes, mais les mesures également » .

Les syndicalistes ont pointé du doigt l’absence de changement mis en avant par le gouvernement de François Hollande.

N’ayant rien contre la création d’emploi dans l’Éducation nationale, Patrick Corré, de la CGTR Education, a expliqué que celles-ci ne devaient pas être au détriment des autres services publics.

L’appel du 12 février 2013

Patrick Corré a indiqué que « quand les ouvriers de PSA Peugeot se sont battus, c’était normal, mais quand il s’agit du personnel de l’Éducation nationale qui se bat sur des revendications, c’est du corporatisme ».

L’intersyndicale a réagi à la rencontre entre Vincent Peillon et les organisations syndicales, qui est un signe « révélateur » de la prise de conscience du ministre de l’ampleur de la mobilisation. « Le ministre se rend compte que le mécontentement s’est généralisé », a expliqué le syndicaliste.

L’intersyndicale a dénoncé les mesures du gouvernement « d’acheter la paix sociale à travers des mesures » qui ne s’avèrent pas à la hauteur du mécontentement des syndicalistes. En effet, le gouvernement va publier une lettre destinée à tous les enseignants ainsi qu’une prime de 400 euros, ces mesures sont pour l’intersyndicale « une offense ». Dans un tel contexte, les syndicalistes lancent un appel à la grève le 12 février 2013. La manifestation partira du Jardin de l’État à la Préfecture, qui représente « le symbole de la protection. Car nous disons non à la territorialisation de l’Éducation nationale qui s’inscrit dans l’acte III de la décentralisation. On va cibler la préfecture » , a averti Patrick Corré.

Céline Tabou


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