Luttes sociales

Les syndicats demandent un débat public

Mouvement social

Témoignages.re / 24 novembre 2010

Les organisations syndicales (CFTC, CGTR, CFDT, UNSA, FSU, Saiper et UNEF) ont organisé hier une conférence de presse pour faire le point sur les mobilisations de ces derniers mois et sur la situation sociale actuelle. Une conférence qui s’inscrit dans le mouvement de grève nationale qui s’est déroulé hier en France.

A La Réunion, avec l’affaiblissement des dernières mobilisations, les syndicats n’ont pas souhaité revivre un nouvel échec. Pour l’heure, ils veulent élargir le débat en associant la retraite à la problématique de l’emploi. « On aimerait organiser un débat public sur les chaines locales pour discuter de la situation socio-économique. Ce qui permettrait également de sensibiliser la population », souligne Paul Junot, secrétaire général de la CFTC. Les organisations syndicales attendent Marie-Luce Penchard dont la venue est prévue les 29 et le 30 novembre. Ils espèrent qu’elle entendra « la souffrance des Réunionnais ».

Dès la rentrée, « nous allons réfléchir à la manière de proposer un projet social pour La Réunion », lâche Jean-Pierre Rivière de la CFDT.
« Il nous faut un plan de travail qui permette d’articuler l’emploi, les salaires, la souffrance au travail et bien sûr la question transversale des retraites »,
argue Max Banon de la CGTR.


« Aujourd’hui, le gouvernement a gagné sur le terrain de la légalité, mais nous avons gagné sur le terrain de la légitimité »,
explique l’UNSA. Et d’ajouter : « même si la loi est votée, le combat n’est pas fini ».
« En s’attaquant à des mesures d’âge, la réforme est injuste, et en 2014, le problème se posera de nouveau. Il faut s’attaquer à la question du financement »,
précise la CFE-CGC. 


Tous s’accordent à dire que les différentes mobilisations ont fait ressortir « le malaise social qui plane à La Réunion », et c’est sur ce point que tous souhaitent travailler. « Pour l’instant, le gouvernement pense qu’il a gagné. Mais le malaise social est bien présent », indique Cyrille Lauret, président de la CFE-CGC.
« Selon un sondage Sofres, 76% de la population attend un grand mouvement social. Et l’emploi est la 1ère préoccupation des Réunionnais », lance un syndicaliste de la CGTR. 

Mais sur ce point, Philippe Manenc, de la FSU, n’a pas manqué de rappeler que « le Pôle Emploi est en grande difficulté à La Réunion. Alors si les salariés de cette structure ont des problèmes, je ne vois pas comment ils peuvent aider les chômeurs ». 

Le discours n’est pas plus optimiste du côté du Saiper. « Dans l’éducation, 16.000 suppressions de postes sont prévues. Les conditions d’accueil des enfants se dégradent. Et il y a de plus en plus d’emplois précaires ». Le syndicat a également insisté sur les conditions d’accès à un poste d’enseignant. « C’est le seul métier où vous arrivez sans formation. C’est comme si on me demandait de construire un mur. J’ai beau regarder dans les livres, je ne sais pas comment faire », lance le délégué Saiper.


L’UNEF entend également continuer la mobilisation dès la rentrée. Une rentrée qui sera encore « plus précaire ». En cause, « la baisse du budget des universités et des bourses », indique Camille Maillot, présidente du syndicat étudiant. « On continue à maintenir la tête sous l’eau à des gens qui ont déjà des difficultés », s’indigne l’étudiante. 


Pour finir, la FSU a rappelé qu’une demande de référendum d’initiative populaire circulait toujours sur la toile. « En début de semaine, il y avait 300.000 signatures », note la FSU. Pour autant, le référendum n’est pas pour demain. Le quota des 4,4 millions d’électeurs pour pouvoir au moins en faire la demande est loin d’être atteint. A noter qu’il faut également obtenir la signature de 20% des parlementaires.


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