Luttes sociales

Les syndicats unis contre la réforme des retraites

Grève le 24 juin contre le projet des retraites

Céline Tabou / 16 juin 2010

C’est cette semaine que le gouvernement présente officiellement sa réforme des retraites. Depuis des semaines, les organisations syndicales se mobilisent pour défendre les travailleurs face à la menace d’une nouvelle casse sociale, et maintenir l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans.

Les négociations engagées entre l’État et les syndicats (CGT, CFDT, FO notamment) n’ont pas abouti, et le gouvernement n’a pas tenu compte de leurs revendications. En effet, Matignon a décidé de pousser l’âge légal du départ à la retraite à 62 ou 63 ans.

« Non au recul de l’âge de départ à la retraite »

A La Réunion, les syndicats CFTC, CGTR, UIR-CFDT, UNSA, FSU et SOLIDAIRES ont appelé dans un communiqué publié hier dans "Témoignages" à la grève, jeudi 24 juin, contre la réforme des retraites engagée par le gouvernement.
Paul Junot, secrétaire départemental de la CFTC, explique que « le gouvernement avait dit qu’il ne toucherait pas au recul de l’âge de la retraite, mais aujourd’hui, il décide de le changer à 62 ou 63 ans ».
Eric Chavriacouty, secrétaire général adjoint de l’UNSA, abonde dans le même sens : « L’argument avant les élections présidentielles était de ne pas toucher aux 60 ans, mais maintenant, il y touche sous prétexte de la crise économique, mais par contre, le gouvernement ne touche pas au bouclier fiscal, alors qu’il concerne également la crise ».
Le recul de l’âge légal à la retraite est une mesure visant à faire payer la crise par les travailleurs. « Nous sommes absolument contre l’allongement des cotisations, et dénonçons le fait que le gouvernement fasse payer la crise aux salariés, alors qu’il existe d’autres financements possibles sur le capital », indique Marie-Hélène Dor, secrétaire générale adjointe de la FSU.

Les revendications syndicales

Tous s’accordent à dire que les solutions permettant de réduire le déficit se tiennent principalement sur le revenu du capital. Mais aussi sur l’exonération des charges sociales à condition, la défiscalisation, et taxer les revenus issus du monde de la finance, comme les stocks options. Eric Chavriacouty explique : « Nos revendications sont de trouver d’autres sources de financement » que de tout mettre sur le dos des salariés.
Paul Junot ajoute : « Nous préconisons la taxation des revenus du capital, la résolution des problèmes de paradis fiscaux, dont 15 à 20 milliards d’euros échappent au gouvernement, et qui peuvent financer la caisse des retraites ».
« Travailler plus ne suffira pas », indique le secrétaire général de la CFTC, même si le gouvernement fait cotiser les salariés avec les paramètres les plus hauts, le déficit public atteindra tout de même 25 milliards d’euros, explique-t-il.
On peut donc craindre que le gouvernement fasse une réforme sur le dos des futurs retraités. Les jeunes, concernés par cette réforme, vont avoir des difficultés à payer leurs cotisations s’il n’y a pas d’emploi. De plus, les retraités voient leur pouvoir d’achat amoindri par la crise, et aujourd’hui par des décisions politiques.

La casse du système des retraites au profit du profit

Cette réforme a une visée politique claire, « faire échouer le système des retraites » afin de le capitaliser. Le système aujourd’hui « appauvrit les travailleurs et enrichit ceux qui ne travaillent pas, notamment les spéculateurs et les traders », explique Paul Junot. L’actuel système ultra-libéral, indique ce dernier, favorise « ceux qui cachent leur argent dans des paradis fiscaux. Une meilleure répartition du capital permettrait de récupérer cet argent caché, et celui dans les paradis fiscaux, qui peuvent contribuer à eux seuls à réduire le déficit public », attestent les syndicalistes.
Ceux-ci concluent en appelant à la grève le 24 juin prochain, et demandent que les spécificités de La Réunion soient également prises en compte, notamment avec le retour de l’Indemnité Temporaire de Retraite, qui consiste à l’indexation de 35% du montant de la pension des retraités, précise Marie-Hélène Dor.

Céline Tabou


La casse de l’emploi public creuse le déficit

Dans son allocution samedi 12 juin lors de la réunion des nouveaux adhérents de l’UMP, le Premier ministre François Fillon s’est félicité de la casse de l’emploi public, avec la suppression de plus de 100.000 postes depuis 2007, dont la majorité se trouve dans l’Éducation. Ce dernier a déclaré : « Depuis 2007, 100.000 fonctionnaires n’ont pas été remplacés, je ne connais pas beaucoup de pays qui ont entrepris un tel effort en si peu de temps ».
L’argument de François Fillon de ne pas renouveler ces 100.000 postes dans la fonction publique va avoir une conséquence directe sur les retraites. Car ce sont 100.000 postes supprimés, et donc 100.000 travailleurs supplémentaires qui auraient pu cotiser pour les retraites à venir, mais une décision politique leur refuse cette possibilité. Le choix de l’UMP de ne pas remplacer les départs à la retraite, et donc de ne pas embaucher des jeunes, va alimenter la spirale du déficit.


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