Luttes sociales

Les travailleurs licenciés condamnés au minimum vieillesse ?

J-5 avant les grandes manifestations de Saint-Denis et de Saint-Pierre

Manuel Marchal / 2 septembre 2010

Plus de 8.000 emplois supprimés depuis le début de l’année, c’est le cri unanime lancé par travailleurs et patrons du BTP. Trois jours après le grand rendez-vous du 7, ils seront à nouveau dans la rue pour défendre leur droit au travail. Car le BTP sera dans les défilés de Saint-Denis et Saint-Pierre le 7 septembre. 8.000 emplois supprimés, cela signifie 8.000 travailleurs qui auront de grandes difficultés d’avoir droit à une retraite décente dans les conditions actuelles, et aucune chance si la réforme que le gouvernement veut imposer passe. Tous les Réunionnais vont donc se mobiliser, et pas une voix de parlementaire réunionnais ne doit manquer pour voter contre ce projet du gouvernement.

Dimanche dernier, la première Assemblée populaire de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté avait adopté à l’unanimité une résolution appelant à la mobilisation la plus large dans les défilés du 7 septembre contre le projet de réforme des retraites imposé par le gouvernement.
C’est en effet à partir de cette date que les parlementaires doivent examiner le texte. L’Assemblée populaire demande donc solennellement à tous les parlementaires réunionnais de voter contre le texte.
Trois jours plus tard, les professionnels du BTP annoncent une crise d’une rare intensité dans leur secteur. Ce sont 8.000 emplois qui se sont évaporés dans leur secteur depuis le début de l’année. Et leurs prévisions ne sont pas optimistes, car le pire n’est pas passé. Ils estiment que le plan annoncé par Didier Robert, pourtant parlementaire réunionnais, n’est qu’une goutte d’eau dans les besoins immenses d’un secteur sinistré par les conséquences de décisions politiques. Autrement dit, le premier résultat de la conférence de presse du président de Région, c’est une grande manifestation du BTP, où travailleurs et patrons marcheront ensemble le 10 septembre, trois jours après les grands défilés de Saint-Denis et de Saint-Pierre contre la réforme des retraites que le gouvernement veut imposer.

La pénurie d’emploi augmente

Ces 8.000 postes supprimés, ce sont 8.000 travailleurs qui se trouvent donc privés d’emploi au moment où l’économie du pays s’effondre. En effet, une conséquence de la casse des grands travaux lancée dès mai 2007 par Didier Robert avec l’arrêt de la rocade du Tampon, c’est un effondrement de la croissance avec -2,7% en 2009 au lieu de +3,1% en 2008. Le nombre de demandeurs d’emploi dépasse 136.000, voilà donc la pénurie d’emploi à laquelle sont confrontés ces 8.000 travailleurs qui paient le prix des décisions politiques qui ont stoppé la rocade du Tampon, le Pôle océan, le Zénith, la construction de logements, la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, le tram-train, et repoussé à une date indéterminée le début du chantier de la nouvelle route du littoral.
Comment alors ces travailleurs pourront-ils retrouver un emploi équivalent, et donc comment pourront-ils plus tard avoir une retraite décente car ils sont aujourd’hui au chômage pour une durée indéterminée ?
Les travailleurs du BTP seront donc sans doute très nombreux à participer aux mobilisations de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Jadis secteur économique le plus dynamique du pays, locomotive du développement, le BTP est en train d’être sabordé par une ligne politique qui s’oppose à toute sortie de crise de notre pays.

Voter contre le texte du gouvernement

Dans la crise actuelle, le droit à la retraite des Réunionnais passe par des créations massives d’emploi.
L’application du protocole État-Région signé à Matignon par Dominique de Villepin, Premier ministre, et Paul Vergès, président de la Région, ouvrait la voie à 4.000 emplois tout de suite, et des milliers d’autres supplémentaires dans les années à venir. Sans oublier l’impact positif sur toute l’économie qu’aurait suscité dans notre pays l’arrivée de 3 milliards d’euros d’investissement.
Mais un choix a été fait, celui de supprimer cet investissement, ce qui a pour résultat de faire fuir toute confiance, et de compromettre très sérieusement le droit à une retraite décente d’une grande partie des travailleurs réunionnais.
Il faut donc à tout prix éviter toute nouvelle aggravation de la situation afin d’empêcher de priver notre jeunesse de toute perspective d’avenir. Car dans les conditions actuelles, la pénurie d’emploi ne pourra que condamner une part toujours plus importante de travailleurs aux revenus minimums durant la vie active et la retraite.
Et la prochaine occasion de manifester ce refus de la misère, c’est le 7 septembre. Quant aux parlementaires, ils auront également la responsabilité de refuser cette aggravation de la pauvreté de leur peuple en votant contre le projet du gouvernement.

M.M.


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