Luttes sociales

Licencié à 62 ans à 7 mois de la retraite

Grève de la faim à la SHLMR

Cinthia Fontaine / 1er juin 2012

C’est un nouveau drame de la vie professionnelle qui se joue en ce moment à proximité des locaux de la SHLMR de Saint-Denis. Dominique Subranne, 62 ans, entame depuis avant-hier une grève de la faim pour protester contre son licenciement de la SHLMR à 7 mois de la retraite après 32 ans de loyaux services.

L’histoire, commence il y a quelque mois, lorsque des employés de l’agence du Port décident de se plaindre à la direction de la SHLMR d’un cas de favoritisme au sein de l’entreprise. Une employée sur les 38 salariés de l’agence bénéficie d’horaires particuliers. En effet, alors que tous les employés embauchent à 8 heures et ont 1 heure de pause entre midi et 13h, elle commence à 8h30 et prend 2 heures de pause entre midi et 14h. À la demande des autres employés, elle dit récupérer ainsi les heures supplémentaires qu’elle ferait le soir. Or, aucune heure supplémentaire n’est effectuée dans cette entreprise qui compte plus de 300 salariés, car il n’existe pas d’accord de quota d’heures supplémentaires appliqué à l’ensemble du personnel. Il s’avère de plus que cette personne entretient une relation extraconjugale au sein de l’entreprise. Les employés accompagnés de leur délégué syndical Mr Rosaire Imus demandent alors à la direction de régler ce cas de favoritisme qui génère une mauvaise ambiance et gêne le personnel de l’entreprise.
Lors de cette réunion, le 13 avril 2012, la direction demande aux employés de fournir une preuve de leurs dires. C’est à ce moment que Dominique Subranne, simple agent de secteur leur communique comme justificatif une lettre entre le directeur de l’agence et la personne favorisée qui tourne au sein des employés. La possession et la remise de cette lettre portant la mention "privé" sont alors qualifiées par la direction d’atteinte à la vie privée des personnes concernées et elle considère cet acte comme une faute grave engendrant de fait le licenciement de Mr Subranne.
Le licenciement devient effectif le jeudi 24 mai 2012. Mr Subranne, âgé de 62 ans, ne reçoit aucune indemnité puisqu’il est licencié pour fautes. « À 7 mois de la retraite et malgré ces 32 ans de bons et loyaux services dans cette société, il se retrouve mis à la porte comme un malpropre », souligne Rosaire Imus. Le délégué syndical est actuellement en mise à pied conservatoire pour la même histoire pour le motif d’harcèlement, car les deux personnes concernées se sont mis en arrêt maladie suite à la réunion du 12 avril.
Le jeudi et le vendredi de la semaine passée, 70 employés de la SHLMR avaient débrayé afin de soutenir leurs camarades injustement punis, mais ils ont dû reprendre le travail ce mardi. 3 réunions ont déjà lieu, mais malgré les demandes d’indemnités permettant à Mr Subranne de tenir les 7 mois le séparant de sa retraite, la direction reste inflexible. Pour elle, si l’employé licencié considère qu’il a été viré abusivement il n’a qu’à s’adresser aux Prud’hommes. Pour Mr Imus la direction profite de cet incident pour se débarrasser d’eux.

Pour la direction contactée par l’intermédiaire de la directrice des ressources humaines, ce licenciement pour faute grave n’est pas abusif, car il se base sur des faits avérés, la diffusion d’un document privé. Les faits survenus avant la réunion ne peuvent être considérés, car les plaignants n’ayant pas utilisé la voie officielle existante au sein de l’entreprise (délégué du personnel), ils n’ont pas été connus de la direction. La diffusion de ce mail à caractère privé lors de cette réunion est donc pour elle, une violation de la vie privée ce qui constitue une faute grave. Pour la direction, il y a derrière cette réunion une volonté caractérisée de nuire à deux personnes qui ont donc subi une grande souffrance de la part de l’employé licencié et du délégué syndical. Malgré nos questions, la direction ne peut pas toutefois expliquer cette soi-disant volonté de nuire de la part d’un employé de 32 ans d’ancienneté, ni comment ces employés ont pu être en possession de ce document.
La direction ne changera donc pas sa décision de licenciement sans indemnités qu’elle estime justifiée, d’autant plus que les deux protagonistes ont reconnu avoir diffusé ce document lors de la réunion.

Devant ce mur, Mr Subranne qui reste sous une tente à proximité des locaux de la SHLMR de Saint-Denis accompagné par le délégué syndical Rosaire Imus a décidé avant-hier d’entamer une grève de la faim en espérant enfin être entendu.

CF


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