Luttes sociales

Logement : arrêtons les constats, agissons

Témoignages.re / 19 mars 2013

Dans une tribune libre adressée à la presse hier, Fabrice Hoarau souligne l’urgence d’agir pour lutter contre le manque de logements. Les inter-titres sont de "Témoignages".

Aujourd’hui, plus que jamais, l’urgence sociale est dans tous les débats, tous les médias. Mais de quoi parle-t-on ? L’urgence sociale ne comporte-t-elle pas plusieurs aspects, tous aussi importants les uns que les autres ? Tout d’abord, l’emploi ou plutôt l’absence d’emplois - ce chômage qui mine la société et dont les taux atteignent des records en ce début d’année 2013. Ensuite, celui du pouvoir d’achat des ménages - ou plutôt, de recul du pouvoir d’achat. Etroitement liée à la question de l’emploi, elle interpelle de plus en plus fortement la société, toute… Tant le problème est insoutenable dans notre île, cadenassée par le système post-colonial des grands monopoles et oligopoles qui prospèrent, aux dépens des Réunionnais. Le troisième aspect important est celui du logement. Au premier abord, c’est peut-être celui qui semblerait le plus facile à résoudre, mais le constat existant sur la situation sur l’île amène vite à revoir ce jugement.

 

La pénurie est là

22.000 demandes en attente chez les bailleurs sociaux de la place, près de 30.000 familles qui habitent dans des logements insalubres. Ces chiffres suffisent à caractériser l’urgence. De plus, ceux qui connaissent un peu le BTP disent que ces chiffres sont sans aucun doute en dessous de la réalité.

Il faut donc agir…

Agir, pour offrir aux nombreuses familles en attente l’espace où se loger, s’épanouir, sortir de la promiscuité et de l’entassement, dont on connaît les conséquences : le mal-être, les déchirures familiales, les actes parfois atroces et irréversibles. Personne ne peut accepter de partager sereinement et volontairement quelques mètres carrés entre 3 voire 4 générations.

Aucun foyer n’est viable quand plus de la moitié des revenus familiaux sert à payer un loyer et que le reste à vivre ne permet plus, justement, de vivre ni de faire vivre sa famille dans de bonnes conditions et avec dignité.

A l’aube de ce nouveau siècle, en ce début d’année 2013, la mobilisation des pouvoirs publics ayant pour compétence directe ou indirecte le logement est indispensable.

Le PCR a lancé, la semaine dernière, un appel à l’Etat et au Conseil général pour l’organisation sans délai d’une réunion des acteurs autour du conseil départemental de l’habitat afin de lever tous les obstacles à la construction massive de logements.

Pour une mobilisation générale

Pour répondre à la demande locale, les constructions de logements doivent atteindre 9.000 par an dont 6.000 logements sociaux. La prospective pour l’année en cours est bien loin de ces chiffres. Sans une mobilisation générale, 2014 ne sera pas meilleure. La construction de logements pourrait être, pour le secteur du bâtiment, le début du redressement… à condition que tous les acteurs et les décideurs en soient bien conscients.

L’urgence est de faire de la construction de logements sociaux une priorité territoriale et de mobiliser tous les acteurs pour lever au plus vite tous les obstacles qui bloquent les dossiers.

Personne ne peut se prévaloir d’avoir toutes les réponses et toutes les clés de la réussite, mais cette mobilisation générale que nous appelons de nos vœux permettra à La Réunion de réussir ce dossier. 

Fabrice Hoarau


Kanalreunion.com