Luttes sociales

Logement et emploi sont complémentaires

Carrefour de l’insertion Fnars-Ursiae

Témoignages.re / 1er juillet 2010

Le logement et l’emploi sont les deux piliers de l’insertion des publics en difficulté. Mais les structures qui interviennent dans ces deux domaines doivent aujourd’hui travailler d’avantage ensemble pour être efficaces.

La Fnars OI (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale de l’Océan Indien) et l’Ursiae (Union réunionnaise des structures d’insertion par l’activité économique) ont organisé hier le premier Carrefour de l’insertion au campus du Moufia.
La première intervient dans le champ de l’insertion par l’emploi. Seize structures d’Insertion par l’Activité Économique emploient ainsi 6.000 personnes chaque année, près de la moitié obtiennent un emploi durable et le chiffre d’affaires du secteur s’élève à 30 millions d’euros.
La seconde intervient dans le champ de l’insertion par le logement. Le secteur de l’Accueil, de l’Hébergement et de l’Insertion compte ainsi 300 places en centre d’hébergement, 100 places en relais familiaux pour femmes enceintes ou avec enfants, 546 places en logements temporaires, 2 foyers de jeunes travailleurs (76 places) et des lieux de premier accueil et de solidarité.
Mais dans leur lutte contre l’exclusion, les deux secteurs, à savoir l’Insertion par l’Activité Economique (IAE) et l’Accueil Hébergement Insertion (AHI), sont aujourd’hui confrontés à des « difficultés croissantes » : la baisse des financements publics, la concurrence du secteur marchand, la dégradation sociale des situations.

Une « double rareté » locale

Les deux secteurs n’ont donc pas d’autre choix que de travailler ensemble pour continuer à s’investir dans tous les champs de l’insertion sociale, sans délaisser des publics, notamment les plus en difficulté.
La relation entre logement et emploi est aussi de plus en plus complexe. « Parmi les personnes qui n’ont pas de toit, certains travaillent », souligne Jean-Yves Rochoux, économiste qui a apporté son éclairage lors de cette rencontre, reprenant ainsi une étude de l’Insee sur les SDF. « Mais plus la solution d’hébergement est stable, plus l’emploi est stable », a-t-il ajouté.
L’objectif de ce Carrefour de l’insertion était donc d’ouvrir la réflexion sur la complémentarité des deux secteurs, dans un contexte local marqué, selon Jean-Yves Rochoux, par une « double rareté, l’emploi et le logement ».
« Depuis 2000, l’activité économique se développe sur un mode de plus en plus inégalitaire. Nous sommes dans une pénurie installée »,
a-t-il souligné. La tâche s’annonce donc ardue pour la Fnars et l’Ursiae, qui ne devraient pas manquer de « clients » à l’avenir.

En présence de Richard Boisson, sous-préfet à la Cohésion sociale, le président de la Fnars, Jimmy Bonmalais, a exprimé son inquiétude quant à la réforme en cours du service public d’hébergement. Faudra-t-il s’attendre à des moyens stables ou en diminution dans ce contexte de maîtrise des dépenses, et de « paupérisation de la société française » ?
« On a tendance à oublier que 2010 est l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Nous sommes déjà en juin »,
a fait remarquer Jimmy Bonmalais.

Le Carrefour de l’insertion s’est terminé par une table ronde sur le thème de la “Complémentarité de l’IAE et de l’AHI à La Réunion : réalités et perspectives”. Ce qui devrait contribuer à passer des intentions aux actes.

EP


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