Luttes sociales

Lutte des femmes : « il y a encore du travail à faire »

Conférence sur l’engagement des femmes en politique

Céline Tabou / 9 mars 2015

Au cours d’une conférence sur le combat des femmes réunionnaises, organisée hier 8 mars par la section communiste de Saint-Paul à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, trois femmes ont fait part de leur engagement et témoigné de leur volonté de changer les choses.

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Philippe Yée Chong Tchi Kan, Simone Yée Chong Tchi Kan, Claudia Laup et Wendy Gallais.

La section PCR de Saint-Paul organisait hier une conférence à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Le thème : l’engagement des femmes en politique. Yvan Dejean, co-secrétaire général du PCR, a évoqué le livre de Marie-Hélène Berne, « L’encre de la mémoire », qui est « un reflet de la lutte des femmes en général ». Toutefois, « au PCR, on n’a pas attendu une loi pour faire la promotion des femmes. Dans l’histoire, il y a eu des camarades qui ont lutté et on bénéficie, nous les hommes, de cette lutte ».

Pour ce dernier, « il n’y a pas de sexisme », ni de distinctions à faire entre « la lutte des femmes et celle des hommes », car « on est un peuple uni pour continuer ensemble, hommes et femmes, à lutter contre toutes les inégalités ».

Lutter contre toutes les inégalités

Des inégalités persistantes contre les femmes, que ce soit au travail, dans l’emploi, le niveau de rémunération, de considération. Malgré cela, de nombreuses femmes s’engagent mais pour qui il faut adapter « l’emploi du temps », car « c’est un élément important » pour les femmes. « L’engagement en politique des femmes ne doit pas seulement être en nombre », mais aussi en qualité, a expliqué Philipe Yée Chong Tchi Kan, secrétaire de section de Saint Paul.

Pour ce dernier, il est important de « permettre aux femmes de mener ce que la société leur impose et développer leurs responsabilités politiques ». Ainsi, « un travail a été fait, mais il y a encore du travail à faire pour que le combat des femmes n’en soit plus un », a assuré ce dernier. D’ailleurs, la lutte contre les inégalités, découlant de la loi du 19 mars 1946, nécessite pour Yvan Dejean, « une ambition » pour La Réunion, qui « est de voir demain un peuple uni, rassemblé et libéré. C’est une conviction qu’on doit faire partager au plus grand nombre ».

Pour le co-secrétaire général du PCR, « la lutte n’est pas finie », elle passe par un projet en accord avec les aspirations de la population, mais « pour et par les Réunionnais, défendu et mis en œuvre par les Réunionnais ». Un souhait également exprimé par les trois intervenantes, également candidates à l’élection départementale des 22 et 29 mars 2015.

Pour Claudia, mère de sept enfants, « la politique et moi, ça fait deux, mais quand j’ai vu le travail fait par le PCR, j’ai décidé de m’engager ». Un engagement politique dans la suite de ses responsabilités au sein de sa paroisse, dans le comité des parents d’élève et dans diverses associations. Son objectif est de changer les choses, à l’instar de Wendy, 22 ans. Cette dernière veut « défendre le combat des jeunes qui galère et que ne trouve pas de travail ».

Changer les rapports

De son côté, Simone Yée Chong Tchi Kan, « engagée en politique bien avant de couler un bulletin de vote dans l’urne », il est important de dénoncer « le silence des femmes au pouvoir », face aux injustices vécues par les femmes, sans parti pris. Pour cette dernière, « l’égalité politique est inséparable de l’autonomie sociale » des femmes. D’autant plus quand « des femmes ont confisqué les pouvoirs politique et médiatique pour leurs intérêts ». Pour cette dernière, il y a un potentiel de 300.000 femmes en âge de s’engager en politique, qui devraient compter sur la solidarité des femmes déjà engagée et élus.

L’ensemble des participants ont espéré qu’au sein du Conseil départemental, la place des femmes sera également reconnue lors de la distribution des mandats de vice-présidence. Cependant, pour préparer l’avenir, il faut étudier son passé, a laissé entendre Ary Yée Chong Tchi Kan.

Pour ce dernier, « notre histoire n’est pas étudiée, mais on peut imaginer la situation des femmes », il y a 350 ans. D’autant plus qu’il n’y a avait que 20 femmes pour 80 hommes. Une situation compliquée qui a laissé des traces dans l’Histoire mais également dans les êtres. « Les femmes à l’époque n’avaient pas droit, si ce n’est d’accepter, par la force. C’était le règne du viol », a expliqué le co-secrétaire général du PCR. Raison pour laquelle, l’apprentissage de l’histoire de La Réunion est indispensable pour les générations actuelles et futures, a-t-il expliqué.


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