Luttes sociales

Lycées et collèges en grève dès lundi à La Réunion

Contre la réforme des retraites

Témoignages.re / 23 octobre 2010

L’intersyndicale de l’Éducation (SGPEN, CGTR, SUD, FSU, SAIPER, FO, l’UNEF et l’UNC) qui s’est réunie ce vendredi 22 octobre appelle à un mouvement de « grève reconductible jusqu’au retrait du projet » de réforme des retraites. Mais pas seulement, « nous voulons aussi alerter les collègues sur cette situation d’emploi qui concerne tout le corps de l’Éducation nationale », précise le SGPEN.

Dès lundi, le personnel du Secondaire posera un piquet de grève devant les collèges et lycées. Des assemblées générales pour structurer le mouvement seront également organisées. Dans le Primaire, le personnel ne sera en grève qu’à partir du 28 octobre, date de la prochaine manifestation contre la réforme des retraits, puisqu’ils ont l’obligation, depuis 2007, de déposer des intentions de grève 48h avant pour que la commune puisse mettre en place un service minimum.

Les syndicats étudiant (UNEF) et lycéen (UNL) appellent aussi « la jeunesse à se mobiliser ». Ce mardi à 9h, une assemblée générale aura lieu à la Fac des Lettres du campus du Moufia pour décider des actions à mener pour cette grève. « Nous voulons organiser un mouvement structuré pour encadrer les lycéens », souligne l’UNEF. Etudiants et lycéens dénoncent la rapidité avec laquelle est voté le projet de réforme des retraites, mais également la situation de précarité et de chômage des jeunes.

Les revendications ne se bornent plus à la réforme des retraites, mais s’élargissent également à la situation de la société. « Il faut se mobiliser pour les retraites, mais également pour s’opposer aux 16.000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale prévues en 2011 et s’opposer également au Budget 2011 », souligne l’intersyndicale, qui n’a pas manqué de rappeler que La Réunion avait le taux d’encadrement le plus mauvais de France. Et d’ajouter que « l’enseignement, c’est quand même le seul métier où il n’y a pas de formation ».

Tous sont d’accord pour dénoncer la politique du gouvernement actuel. « On parle de gros casseurs, mais le plus gros casseur en ce moment, c’est le gouvernement. Il dit qu’il ne veut pas laisser faire les casseurs, eh bien, nous non plus ! ».

L’intersyndicale de l’Éducation n’a pas manqué de rappeler que la mobilisation à La Réunion était loin de refléter le mouvement national. « La mobilisation reste très faible à La Réunion, mais pour des raisons simples. Ici on est victimes d’un taux de chômage qui n’est pas comparable avec celui de Métropole. Puis nous n’avons pas de grosses sociétés. Enfin, s’ajoute l’éloignement ». Mais, pour les syndicats, il faut lier la situation d’emploi avec celle des retraites.

Et, enfin, les syndicalistes se disent très remontés et condamnent les exactions policières en France qui visent notamment les jeunes. « Le gouvernement stigmatise les jeunes et tente de retourner l’opinion contre les manifestants ». Et d’ajouter : « Concernant les réquisitions de personnels pour faire tourner les raffineries qui sont bloquées, c’est un abus de pouvoir et un non-respect de la démocratie ».


Kanalreunion.com