Luttes sociales

Malgré des économies ci et là !

La vie au quotidien

Jean Fabrice Nativel / 23 janvier 2013

JPEG - 30.2 ko

Hier matin, on a rencontré Marie-Claude, résidante des Camélias (Saint-Denis), juste après qu’elle ait déposé les 2 marmailles à l’école du quartier. À pied, elle s’y rend. Sur le chemin du retour, une amie d’enfance l’invite régulièrement à prendre le café et faire causette.

Elle vit dans un modeste appartement de 2 chambres : un lit superposé, une petite armoire dans celle des enfants, un lit et une armoire dans celle de la maman. La pièce principale est équipée d’un canapé, d’un bureau et d’un grand meuble de rangement pour les cahiers et livres scolaires.

Sans emploi depuis 2 ans, elle bénéficie des ASSEDIC dégressifs… L’association où elle travaillait s’occupait des personnes dépendantes. Pour cause de baisse d’activité, elle a fermé ses portes et, de fait, licencié. Elle bénéficie de l’aide au logement et des allocations familiales. Ces prestations additionnées lui permettent tout juste de boucler le mois.

La vie reste chère

Elle s’efforce de réaliser des économies ci et là. Elle fait usage de moins d’eau pour la toilette, l’entretien — vaisselle entre autres. Les enfants n’ont pas de GSM, même s’ils le lui réclament. Elle a souscrit à un “petit” abonnement portable bloqué. Pas d’ordinateur, pas d’Internet, juste un abonnement à un bouquet satellite. C’est devant le petit écran que les enfants s’évadent.

Question repas, à table, celui du midi et du soir se composent, quand elle peut, de viande fraîche achetée à la charcuterie proche. Dans le congélateur, on trouve des cuisses et ailes de poulet, du poisson… et le placard des conserves de sardines, thons, bœufs, ravioli, macédoine, des pâtes, des biscottes. Dans le petit réfrigérateur, il y a juste des yaourts, du lait, des pommes et un pot de confiture.

Tous les produits cités ci-dessus sont achetés en promotion. Elle note que depuis ce début d’année, même en promotion, « ils restent chers pour moi ». Une fois de plus, on revient sur la cherté de la vie dans l’île. Marie-Claude et ses enfants peuvent manger à leur faim, mais est-ce le cas pour tout le monde ?

Jean-Fabrice Nativel

Qui est le plus exposé à la faim ?

Les trois grands groupes les plus vulnérables sont : les ruraux pauvres, les citadins pauvres et les victimes de catastrophes. Retrouvez ces explications et d’autres sur http://www.fao.org/hunger/hunger-home/fr/

• Les ruraux pauvres

La majorité des êtres humains n’ayant pas assez à manger vivent au sein de communautés rurales pauvres dans les pays en développement. Beaucoup n’ont ni électricité, ni eau potable. Les services de santé publique, d’éducation et d’hygiène sont souvent inadéquats.

Les personnes affamées et victimes d’insécurité alimentaire produisent souvent de la nourriture. Elles pratiquent l’agriculture sur de petits lopins de terre. Elles élèvent des animaux, pêchent du poisson. Elles font ce qu’elles peuvent pour nourrir leurs familles ou vendent leurs produits sur les marchés locaux.

Elles sont rarement propriétaires de leurs terres et travaillent comme journaliers agricoles pour assurer leur subsistance. C’est un travail souvent saisonnier, et la famille est contrainte de se déplacer ou de se séparer pour survivre.

Ce sont des personnes qui travaillent dur et ont du mal à mettre de l’argent de côté pour affronter les situations d’urgence. Même lorsqu’il y a suffisamment de nourriture, la menace de la faim est omniprésente.

• Les citadins pauvres

Les citadins pauvres constituent un autre groupe exposé à la faim. Ils produisent peu, voire pas du tout, de nourriture et n’ont souvent pas les moyens de l’acheter. Les villes sont en constante expansion. En 2000, près de 2 milliards d’individus s’entassaient dans les agglomérations ; d’ici 2030, ce chiffre aura plus que doublé. Au fur et à mesure que les villes s’étendent et qu’une part croissante de la population migre des campagnes vers les zones urbaines, le nombre de citadins pauvres augmente. La faim urbaine et l’accès à des aliments à des prix abordables deviennent ainsi des problèmes de plus en plus critiques.

• Victimes de catastrophes

Chaque année, inondations, sécheresses, séismes et autres catastrophes naturelles, ainsi que conflits armés causent des ravages et forcent des familles à abandonner leurs habitations et leurs fermes. Les victimes de catastrophes sont souvent confrontées à des perspectives, non plus de faim, mais de famine véritable.


Kanalreunion.com