Luttes sociales

Manifestation des routiers contre l’écotaxe

France

Céline Tabou / 18 novembre 2013

En pleine dégringolade dans les sondages, la taxe sur les poids lourds proposée par le gouvernement a été vivement contestée samedi 16 novembre. Entre 2.000 et 3.000 transporteurs routiers ont manifesté contre l’écotaxe poids lourds, certains ont même bloqué des axes routiers et autoroutiers.

Cette manifestation intervient alors que le dernier sondage Ipsos pour le “Journal du Dimanche” crédite François Hollande 20% d’opinion favorable et 23% pour Jean-Marc Ayrault. En baisse dans les sondages, le gouvernement est en pleine tourmente, à droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour un remaniement ministériel, qui tarde encore à venir.

L’écotaxe, mesure phrase du gouvernement en matière de transition énergétique, a été suspendu après les mouvements de contestation en Bretagne. Cette fois-ci, le gouvernement a décidé de « prendre du temps » pour trouver une alternative à cette taxe indispensable pour les écologistes.

Pour l’abandon de l’écotaxe

Lancée par l’organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), une trentaine de manifestations ont été comptabilisées dans une quinzaine de régions, les plus importantes étaient organisées en Ile-de-France et en Aquitaine. Munis de pancartes « Écotaxe = Racket, Faillite, Chômage », les routiers ont convoyé lentement vers Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille et en Ile-de-France autour du marché de gros de Rungis, s’arrêtant sous les portiques de la société Ecomouv installés pour la collecte de l’écotaxe, a indiqué l’“Agence France Presse”.

Une centaine de camions se sont rendus devant le siège de la société “Ecomouv’” à Augny, dans la banlieue de Metz, qui est « le symbole de cette taxe » pour les manifestants. Jacques Magar, l’un des chefs de file des organisateurs, a expliqué à l’“AFP” : « Nous n’avons pas de grief contre Ecomouv en tant que tel, nous savons parfaitement que cette entreprise n’est que l’exécutant d’une mauvaise décision de l’Etat » . Cependant, « Ecomouv, c’est le symbole de l’écotaxe, et d’un système qui va nous mettre en difficulté » , a ajouté Nicole Magar, responsable en Lorraine de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

Après sa suspension, les manifestants ont exigé le retrait de cette taxe. « L’écotaxe, la mort du transport », a rapporté le président de la branche régionale du syndicat, Pascal Debruyne, d’autres syndicalistes ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient inscrits : « Ecotaxe + dumping social = mort des PME du transport routier » ou « Ecotaxe = racket, faillite, chômage ».

Envisagée une alternative

La veille, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, déterminé, a assuré vendredi « prendre le temps nécessaire » avant toute nouvelle initiative. En réponse, l’OTRE, la fédération de routiers, a mobilisé l’ensemble de ses 3.000 adhérents pour dénoncer l’écotaxe qui coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros par entreprise. Le message de la fédération aura été entendu, aucune violence n’a été déplorée dans les 33 manifestations de France. « Tout se passe bien, on est bien conscient de l’impact que pourraient avoir des destructions et ce n’est pas dans notre état d’esprit » , a indiqué la présidente de l’OTRE, Aline Mesplès.

Les véhicules ont pu circuler, mais les camions immatriculés en Espagne ou dans les pays de l’Est ont été mis à l’arrêt, car « on ne veut pas que nos concurrents continuent à rouler pendant qu’on est arrêté », a expliqué cette dernière. Le mouvement a pris fin vers 16h30 (heure de Paris), avec comme message « la suppression pure et simple » de la taxe dans le secteur qui concerne près de 40.000 entreprises et 450.000 camions.

Pour les autres fédérations (Unostra, FNTR, CSD et TLF) qui ne se sont pas mobilisées, samedi 16, elles ont annoncé dans un communiqué commun qu’elles s’abstiendraient de « toute manifestation type pique-nique sous les portiques » tant que le gouvernement maintiendra ses promesses de majoration forfaitaire et d’un plan de soutien au transport routier, a cité l’“AFP”.

Non loin de Paris, le Collectif national de préservation du transport routier français a rejoint la mobilisation. Le président du CNPTR, Alain Spinelli, a déclaré à la presse : « Ce n’est que le début. On attend la suite. On va durcir le mouvement », annonçant « une grève nationale des routiers » le 2 décembre.

Céline Tabou


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