Luttes sociales

Martinique : grève des pompistes pour la prime de vie chère et l’application de la convention collective

Deux illustrations de l’impasse du système en place Outre-mer

Témoignages.re / 19 août 2009

Les travailleurs des stations-service de Martinique ont entamé hier une grève illimitée affectant la plupart des stations de l’île antillaise. Ils réclament une prime à la vie chère de 200 euros et l’application de la convention collective, le tout avec effet rétroactif depuis le 1er mars. Ce conflit social est une nouvelle illustration de l’impasse dans laquelle se trouve le système en place Outre-mer, et qui a conduit notamment à la pénurie d’emplois et à la vie chère.

« Près de 70% » des 98 stations-service de l’île étaient paralysées hier, selon un responsable syndical. Il faut dire que le mouvement est suivi par les employés affiliés aux syndicats CDMT, CGTM-produits pétroliers et UGTM, formations majoritaires dans ce secteur.
Entrés en grève illimitée dimanche soir, les employés des stations-services exigent « le respect immédiat des engagements pris le 15 juin 2009, sans augmentation du prix des carburants ».
Ces engagements, pris après réunion à la préfecture entre syndicats et patrons de stations-service en juin, portent notamment sur « le versement d’une prime de vie chère à compter du 1er mars 2009 » et sur « l’application de la convention collective nationale à compter du 1er mars 2009 ». Les pompistes réclament également de meilleures conditions de travail et notamment de sécurité.
Les travailleurs demandent le versement d’une prime de vie chère de 200 euros avec effet rétroactif.
Le blocage viendrait pour l’heure de la préfecture. En effet, les fonds nécessaires à l’application des primes de vie chère n’auraient pas été débloqués dans les temps en raison du remaniement ministériel indique "Domactu". Concernant l’application de la convention collective, les gérants proposent que l’Observatoire des prix et des revenus se penche sur cette question. Les représentants des travailleurs exigent une application immédiate, s’appuyant sur un courrier de la Direction du travail affirmant que l’extension est possible précise "France-Antilles".
Les transporteurs de carburant sont solidaires du mouvement.
Par conséquent aucune livraison d’essence ne sera effectuée.
Alertés par la rumeur d’une grève, les habitants de l’île se sont rendus en nombre ce week-end pour faire le plein de carburant. Mais si la grève perdure, la situation pour les usagers pourrait devenir problématique.


En Martinique, un nouveau mouvement de grande ampleur est parti. Les travailleurs revendiquent une prime de vie chère de 200 euros.

Polynésie : grève générale contre la vie chère et les licenciements

En Polynésie, les travailleurs se mobilisent pour que la crise ne soit plus le prétexte à des licenciements massifs. Ils demandent aussi des mesures pour que les prix baissent.

Depuis hier, la Polynésie connaît une grève générale. Voici six jours, l’Intersyndicale avait lancé un appel à l’action. L’échec des négociations entre les représentants syndicaux, le patronat et le gouvernement local a débouché sur le lancement du mouvement.
Deux revendications sont mises en avant : l’arrêt des licenciements économiques et des mesures contre la vie chère. Hier, l’Intersyndicale a aussi appelé à une grande manifestation sur le front de mer de Papeete. Le port sera fermé.
Lundi, l’Intersyndicale avait rencontré le Conseil du Patronat polynésien et avait été reçue au Haut Commissariat avant d’entamer, en fin d’après-midi, une réunion avec une délégation du gouvernement composée de quatre ministres et conduite par le vice-président Antony Geros, précise l’AFP.
« Sur l’ensemble des 14 points de revendication, le gouvernement a, soit pu donner satisfaction, a proposé un échéancier », assure-t-on à la présidence selon l’AFP. « Nous sommes certains que les Polynésiens comprendront ce qui est possible aujourd’hui d’accorder, malgré la crise, et ce que l’on est obligés de refuser ».
Quant aux syndicats, ils affirment ne pas être "contre" le gouvernement, mais disent souhaiter être associés aux grandes décisions du plan de relance « et que l’exécutif nous propose des solutions à court et moyen terme pour surmonter ensemble la crise que nous traversons », selon Patrick Galenon, secrétaire général de CSTP/FO, première centrale syndicale en Polynésie.


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