Luttes sociales

« Militer pour changer les choses »

Première rencontre Alon Kozé de l’AJFER-Nou lé Kapab

Témoignages.re / 11 octobre 2013

C’est au Tampon qu’a eu lieu mardi la première rencontre Alon Kozé l’AJFER-Nou lé Kapab. Dans cette commune, le taux de chômage était de plus de 34% en 2009. Voici le compte-rendu par les jeunes de l’AJFER-Nou lé Kapab.

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Il est ressorti des échanges entre l’AJFER-Nou lé Kapab et des habitants du Tampon le problème de l’emploi.

Pour notre première tournée d’Alon Kozé, nous sommes allés au Tampon, afin d’échanger sur la situation actuelle et trouver les moyens de sortir de contexte de plus en plus pesant pour des millions de Réunionnais. 

Au fil des débats, nous nous sommes rendu compte à quel point l’emploi est le problème central. 34,6% des 15-64 ans sont sans emploi au Tampon, en 2009 (INSEE) et 13.068 personnes sont demandeurs d’emploi (2009 INSEE). Sans emploi : pas de logement décent, pas d’alimentation saine, pas de transport, pas de soins adéquats, pas de loisirs, mais aussi pas de perspectives d’avenir. 

Alors que près de 30% des Réunionnais sont sans emploi, dont 60% des moins de 25 ans. Le constat est qu’aujourd’hui de moins en moins de jeunes veulent militer et s’engager dans des associations, syndicats ou partis politique.

 

« Arrêter de mentir aux jeunes »

À l’AJFER-Nou lé kapab, pour nous militer est un enrichissement personnel, non contraignant, au profit de l’intérêt général de La Réunion, tout en se formant et partageant des moments de convivialité. Il s’agit de contribuer à l’avenir de notre péi, en apportant notre contribution, nos idées et nos savoir-faire.

Pour Gilbert, c’est la faute des politiques qui mentent aux gens. Donnant l’exemple de la campagne municipale actuelle, il a affirmé que des candidats promettent du travail si on vote pour eux. « Il faut arrêter de mentir aux jeunes, en disant vote pour moi, ma done a ou un travail. Ce sont les entreprises qui donnent du travail pas les politiques. Ce sont nos impôts qui permettent aux politiques de promettre du travail à d’autres ».

Depuis plusieurs semaines, on constate tous les efforts mis pour inciter les gens à voter. L’augmentation des contrats précaires en cette période électorale est un exemple quotidien de la situation et de la volonté de certains politiques à user de tous les moyens pour être élu. Mais pour Gilbert, « il faut faire de la politique proprement. C’est fini de mentir. Ce n’est pas possible ».

 

« Un génie réunionnais »

Pour lui, il existe des secteurs d’activités, notamment l’agriculture, qu’il faut développer. Car comme l’a indiqué Gilles Leperlier , « La Réunion possède un tissu économique permettant de donner du travail aux gens formés à La Réunion, mais il est vrai que nous ne pourront pas donner du travail à tout le monde », raison pour laquelle « il est possible de développer des relations gagnant-gagnant avec les pays de la zone océan indiens »,  qui se développent.

Pour Benoit, il y a aussi un vrai problème «  d’instabilité ». « Malgré les diplômes qu’ils ont, on leur propose des emplois par-ci, par-là, ils n’arrivent pas à garder de travail stable, parce qu’on les envoie dans toute l’île  », a-t-il dit. Il y a « une réelle réflexion politique à avoir sur les jeunes à La Réunion », a dit Philippe. « Il existe un génie réunionnais, les jeunes sont capables de créer, innover, partager et occuper les postes. Les jeunes sont la richesse d’un pays, à La Réunion, on a les compétences et les connaissances » , a conclu Gilles Leperlier.


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