Luttes sociales

Mobilisation pour libérer les jeunes emprisonnés

À l’occasion de la visite d’un candidat à la Présidentielle

Témoignages.re / 26 mars 2012

Dans un communiqué diffusé hier, le Comité pour la libération des personnes emprisonnées lors des émeutes de février a pu remettre un courrier à Jean-Luc Mélenchon.

« Une délégation du Comité s’est rendue au Port, cet après-midi, et a remis un courrier à M. Mélenchon dans lequel il est lui demandé de prendre toutes initiatives appropriées afin d’obtenir l’amnistie en faveur des personnes emprisonnées.

Mme Técher, membre de la délégation, lui a expliqué que son fils, âgé de 30 ans, a déjà subi 2 AVC. Il est totalement paralysé du côté droit. Pourtant, il a été arrêté et jeté en prison. Il est actuellement en détention provisoire à Domenjod. Malgré toutes ses démarches, elle n’a jamais réussi à obtenir une visite, depuis un mois. Cette situation est injuste et intolérable.

M. Mélenchon a encouragé Mme Técher et lui a promis d’examiner attentivement son courrier.
Notons que plusieurs personnes ont apporté leur soutien en signant la pétition du Comité. La délégation est repartie satisfaite.

Pour le Comité et la délégation,
Julie Pontalba
 »

Demande d’amnistie en faveur des manifestants emprisonnés

Monsieur Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle

Monsieur,

Lors des émeutes qui ont touché l’île de La Réunion du 21 au 26 février 2012, des milliers de Réunionnais sont descendus dans les rues. Ils ont fait écho à la manifestation des transporteurs qui revendiquaient la baisse de 25 centimes du prix du carburant pour tous les automobilistes. La population réclamait, elle, une baisse générale des prix. Les jeunes, première catégorie frappée par la situation sociale désastreuse, ont fortement participé à ce mouvement revendicatif.

Des actions violentes ont touché injustement des biens privés et publics dans 12 villes sur 24.

Sur le nombre important de manifestants, une centaine de personnes ont été arrêtées et traduites en comparution immédiate. Pour servir d’exemple, de lourdes sanctions ont été appliquées allant à des années de prison ferme, avec internement immédiat. La grande majorité de ces personnes n’avaient jamais eu à faire avec la Justice.

Aussi,

- Considérant la clémence des jugements plus récents, faisant apparaître les premières peines comme disproportionnées,

- Considérant que la situation sociale est encore très tendue et nécessite le dialogue avec les jeunes,

- Considérant que ces jeunes sont les premières victimes du contexte sociale exceptionnellement difficile de l’Ile de La Réunion où 60% des inscrits au Pôle Emploi ont moins de 25 ans,

- Considérant que les inculpés sont pour la plupart de simples citoyens au casier judiciaire vierge,

- Considérant que la population a été appelée à manifester, sans qu’il n’y ait eu l’encadrement nécessaire de la part des responsables,

- Considérant, enfin, que la répression et la prison ne sont pas des solutions d’intégration sociale et ne participent pas à l’apaisement des tensions,

Nous, soussignés,

nous sollicitons votre très haute bienveillance, à l’occasion de l’élection du Président de la République, pour prendre les initiatives appropriées, afin d’accorder l’amnistie présidentielle à toutes les personnes emprisonnées.

Ils ont manifesté pour l’amélioration de leur condition de vie et de celle de tous les Citoyens.

Comité pour la libération des personnes emprisonnées (CLPE)

Contact : Tél. 0692-05-73-53 ; clpe@gmx.fr.

Pour le Comité : Julie Pontalba.


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