Luttes sociales

Mobilisations contre la loi El Khomri à La Réunion

Défilés à Saint-Denis et à Saint-Pierre

Manuel Marchal / 18 mai 2016

Contre la loi El Khomri, l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-UNEF soutenue par le SAIPER appelait hier à deux défilés à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Les deux actions ont rassemblé plus de nombreux manifestants pour dire non à la régression sociale permise par le projet de loi du gouvernement.

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5 jours après l’adoption du projet de loi El Khomri en première lecture par l’Assemblée nationale à la suite du rejet d’une motion de censure contre le gouvernement, les syndicats ont organisé hier une journée d’actions contre ce texte de régression sociale.

Deux défilés étaient prévus. À Saint-Pierre, rendez-vous était donné aux Jardins de la plage. À Saint-Denis, les travailleurs se sont retrouvés au Petit Marché, dans le bas de la rue Maréchal Leclerc.

Jeunes et travailleurs unis

Peu après 9 heures, différents groupes ont commencé à converger vers le lieu de rassemblement. Le Parti communiste réunionnais était représenté par une forte délégation conduite par Maurice Gironcel, co-secrétaire général du PCR.

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Une partie de la délégation du PCR

Le cortège se forme. Derrière la banderole de l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-UNEF, les jeunes du syndicat étudiant, puis les Fédérations de la CGTR, celles de FO, la FSU, Solidaires et le SAIPER.

Dans la remontée de la rue Maréchal Leclerc, le cortège a observé plusieurs arrêts devant les commerces restés ouverts. C’était notamment l’occasion de rappeler que cette journée de manifestation était également un jour de grève. Les manifestants ont également fait une pause devant la Poste centrale.

Arrêt devant la Mairie de Saint-Denis

Après avoir tourné pour se diriger vers la Préfecture en passant par la rue de Paris et l’avenue de la Victoire, le défilé s’est arrêté plusieurs minutes devant l’hôtel de Ville de Saint-Denis. Des policiers municipaux armés et dotés de gilets pare-balles se sont écartés pour laisser passer une délégation qui a tenté de rencontrer des élus. La mairie de Saint-Denis est en effet dirigée par Gilbert Annette, principal allié de Huguette Bello et soutien du gouvernement. Sa commune a permis l’élection de deux députés socialistes qui soutiennent l’action de François Hollande, et qui sont prêts à voter le projet de loi El Khomri. Pendant que les syndicalistes stationnaient devant l’hôtel de Ville, deux vigiles observaient la scène depuis le toit de l’édifice public. L’un d’entre eux prenait des photos.

Après cette pause, la manifestation a repris sa route en direction de la préfecture. À la différence des précédentes actions contre le projet de loi El Khomri, les travailleurs ont décidé de passer par la route nationale qui passe sur la place du Barachois devant la préfecture. Entre l’arrivée du défilé et les prises de paroles, plusieurs dizaines de minutes se sont écoulées pendant lesquelles la route est restée bloquée.

Détermination

À l’heure des interventions des responsables syndicaux, le même message de détermination a rappelé la ferme opposition du mouvement social au projet de loi El Khomri. C’est en effet la menace d’une remise en cause d’acquis sociaux arrachés depuis des dizaines d’années grâce à la lutte.

Ce texte rend en effet possible dans les faits la mise en œuvre d’un Code du travail spécifique à chaque entreprise, car des questions aussi importantes que les salaires ou le temps de travail pourront être réglées à ce niveau. Un tel recul vide de leur substance les conventions collectives, et montre bien la tentative de diversion opérée par les députés de la majorité qui tentent de faire croire que dans ces conditions, l’extension à La Réunion des conventions collectives sera un progrès.

Le prochain rendez-vous de la mobilisation est fixée à jeudi prochain. L’utilisation de l’article 49-3 pour passer la première étape parlementaire n’a pas entamé la motivation des défenseurs des droits des travailleurs.

M.M.

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