Luttes sociales

Mobilisons-nous pour soutenir la jeunesse face au chômage

À l’Assemblée générale de l’ONU

Céline Tabou / 1er août 2011

A douze jours de la clôture de l’Année internationale de la Jeunesse, lancée par l’ONU en août dernier, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss, ont vivement appelé la communauté internationale à soutenir la jeunesse du monde entier, frappée par la crise économique et en proie au chômage.

Ban Ki-moon a déclaré, à l’occasion de la réunion de Haut niveau de l’Assemblée générale sur la jeunesse : « En faisant face à plusieurs crises mondiales cumulées, j’exhorte la communauté internationale à soutenir la jeunesse comme partenaire et comme agent de changement et de développement ».

Hausse inquiétante du chômage chez les jeunes

La crise économique mondiale a provoqué une augmentation du chômage des jeunes qui est passé de 11,9% à 13% entre 2008 et 2009, constituant une augmentation record avec 81 millions de jeunes chômeurs. A La Réunion, 55,3% des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi. L’enquête Emploi de l’INSEE, publiée la semaine dernière, indique que les moins de 25 ans catégorie A, c’est-à-dire « les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi », sont passés de 18.840 à 19.980 entre juin 2010 et juin 2011.

Aujourd’hui, à travers le monde, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent plus d’un milliard de filles et de garçons, soit « 18% de la population mondiale, dont 87% vivent dans les pays en développement », a indiqué le ministre des Affaires de la Jeunesse de l’Inde.
« Il est temps de nous engager réellement pour améliorer le sort des jeunes dans le monde, notamment celui des plus marginalisés », a expliqué l’un des représentants brésiliens de l’Alliance universelle des unions chrétiennes de jeunes gens.

En dépit de cette présence massive de jeunes dans le monde, bon nombre d’entre eux vivent dans la misère, que ce soit en Afrique avec les sécheresses actuelles qui tuent en premier les jeunes, ou aux États-Unis, où 18% (chiffre octobre 2010) des jeunes sont sans emploi.

De plus, comme l’a rappelé Joseph Deiss, les jeunes « n’ont bien souvent qu’un accès difficile aux services sociaux de base, à une éducation et à une formation professionnelle ainsi qu’à des soins de santé de qualité ». Prenant conscience de toutes ces difficultés vécues par les millions de jeunes dans le monde, l’ONU a décidé de placer cette année sous le thème du “Dialogue et de la compréhension mutuelle” afin de « promouvoir des idéaux de paix, de respect des droits de l’Homme et de solidarité entre générations, cultures, religions et civilisations ».

Exiger une volonté politique pour les jeunes

Le président de l’Assemblée générale a appelé tous les États membres « à s’engager résolument pour mettre en œuvre politiques et programmes, au niveau national, régional et international, en ligne avec les objectifs de la déclaration ».

La réunion organisée du 25 au 26 juillet 2011 à New York s’est ouverte sur « une chance unique pour renforcer la coopération internationale afin de répondre aux défis qui préoccupent les jeunes dans leur quotidien, de créer les opportunités pour leur épanouissement et de contribuer, avec eux, à la création de sociétés qui soient plus respectueuses de l’humain et de son environnement », a-t-il ajouté.

Toutes les constatations faites sur la situation des jeunes dans le monde ont été évoquées par les participants lors de la première table ronde sur le « Renforcement de la coopération internationale en faveur de la jeunesse et amélioration du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la participation active des jeunes, en tant qu’éléments indispensables des mesures à prendre pour réaliser l’insertion sociale, parvenir au plein emploi et éliminer la pauvreté ».

Les participants ont appelé à une meilleure coopération en vue de donner une formation aux jeunes qui soit mieux adaptée aux besoins du marché du travail. Rappelant que les taux de chômage chez les jeunes sont de 3 à 6 fois supérieurs à ceux des adultes, et les emplois qui leur sont attribués sont en général mal payés et dangereux, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé les États membres à répondre à l’appel légitime des jeunes pour la dignité et le travail décent. Ce dernier leur a demandé d’investir dans la jeunesse « qui est synonyme de plus de richesses pour tous ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com