Luttes sociales

« Ne Jamais se taire … Résistons et continuons le combat ! »

Femmes solidaires pour l’emploi

Témoignages.re / 18 octobre 2012

Dans un communiqué diffusé hier sous la signature de Simone Yee Chong Tchi Kan, Femmes solidaires pour l’emploi rappelle que cela fin un an que 13 femmes de Trois-Bassins sont dans la lutte pour obtenir leurs contrats aidés déjà signés. Nous reproduisons ce communiqué ci-après.

« Le 18 octobre, une date a consigné à La Réunion, dans le combat contre la magouille politicienne privant injustement 13 femmes de leur emploi ! Ce jeudi 18 octobre 2012, cela fera 1 an jour pour jour que 13 mères de famille (RSA) de l’association Déclic Solidarité Krénos de Trois-Bassins se battent pour obtenir leurs contrats aidés déjà signés par la Présidente du Conseil Général. L’exemplarité de ces femmes refusant de perdre toute dignité face aux tentatives de pressions politiques. « Nous ne sommes pas à prendre, ni à vendre … Nous refusons d’être considérées comme une marchandise pour « emplois magouilles ». Nous voulons que notre droit soit respecté, rien que notre droit ! Tout simplement notre droit ! Laissez-nous travailler. Nous voulons sortir de la précarité et le projet collectif dans lequel nous nous sommes inscrites, nous permet de rendre nos emplois pérennes (…) dixit ces femmes courages. Ces contrats sont toujours bloqués, pourquoi ?

Tout comme le mouvement des indignés dans le monde, le 18 octobre doit être une date de commémoration du1er anniversaire du combat des femmes réunionnaises contre la magouille politicienne et le respect pour leur droit au travail.
Devant le chômage croissant, cette date nous donne l’occasion de dénoncer haut et fort l’irresponsabilité de certains politiques,

Le mois d’octobre n’apporte-t-il pas en lui-même toute une signification ! Un mois qui fait tache de nos revendications quotidiennes ?

Lundi 15 octobre 2012, c’était la Journée mondiale des indignés ! Une manifestation relayée à La Réunion par le mouvement les « Indignés 974 »

Mercredi 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté !

La violence du chômage

La misère est partout, sous nos yeux, sous nos fenêtres. Bon nombre de nos concitoyens la vivent quotidiennement.
Les faits divers des médias sont là pour nous le rappeler et faire vivre chaque jour, les différents drames de la société réunionnaise, notre société. Cela nous interpelle tous :
Le "JIR" de ce 17 octobre fait mention de la condamnation d’un homme de 58ans « deux mois de sursis pour le casseur de Pôle emploi ( …) furieux d’apprendre qu’il était en fin de droits…
Quelle en est la cause ? Ce dernier s’explique : « c’est la crise… ça va être compliqué pour lui de trouver un emploi… »
Cela ne justifie aucunement son geste. Mais a-t-on imaginé un instant le ressentiment de cet homme devant la peur au ventre de se retrouver non seulement au chômage, mais de devoir vivre « au crochet »de sa femme dont l’administration n’hésite pas à lui signifier que sa femme a un revenu de 3.000 euros ? Qui, peut s’imaginer être à la place de cet homme ? La peur de se retrouver sans ressources et de devoir quémander à sa femme pour ses besoins quotidiens !
Nos politiciens cumulards ne peuvent songer un instant ce qui peut être un drame pour cet homme. La société de tout temps a fait de l’homme celui qui devait rapporter à la maison de quoi à manger, nourrir femme et enfants… En somme, remplir la gamelle de tous les jours. Aujourd’hui, l’homme ne sent-il pas blessé au plus profond de son corps de devoir attendre de la femme « son manger », ne se sent-il pas inutile dans son foyer ?
La semaine dernière à Saint-Gilles les Hauts, un homme a perdu toute contenance et craqué une allumette dans la Mairie annexe. Les mêmes revendications sont avancées : « un travail ».
Être privé d’emploi, n’est-ce pas une cause de violence de nos jours ? La misère
La violence parlons–en, elle en fait des siennes. Elle génère des drames, beaucoup trop à travers des violences intrafamiliales

Pourquoi cette discrimination ?

A la matinale de ce 17 octobre, les médias annoncent la mort de « deux femmes et un homme tués et le tueur présumé se donne la mort en se jetant par-dessus le pont de l’Entre-Deux… »
A la journée mondiale de la misère, M. Faubourg de l’ATD- Quart Monde cite le cas « de ce père de famille d’une quarantaine d’années qui s’est fait licencier et qui n’ose plus rentrer chez lui depuis des semaines, préférant dormir dans sa voiture que de croiser les regards de sa femme et de ses enfants… »
La situation est plus que préoccupante pour notre pays et nous ne devons pas se taire — personne ne doit se dérober devant les responsabilités qui nous incombent tous.
Les dernières statistiques démontrent plus de 158.000 chômeurs à La Réunion. La crise est partout. La crise est dans tous les discours de l‘ensemble de la classe politique.
Alors, comment comprendre que des entraves politiciennes puissent freiner des initiatives citoyennes porteuses de création d’emplois ?
Comment comprendre le silence de l’administration devant le cas de ces 13 mères de famille privées injustement de leur emploi et cela pour des raisons politiciennes ?
N’est-ce pas là, une forme de violence la plus ardue faite aux femmes —pourtant aucune voix d’organisations de femmes réunionnaises ne s’est élevée contre cette violence, cette discrimination !

Solidarité politicienne quand tu nous tiens ?

Ces 13 mères de famille ne demandent seulement que de faire respecter les procédures et de faire appliquer les décisions validées par les instances départementales afin de les rétablir dans leurs droits conformément à l’avis des élus de la commission permanente du 22 juin 2011.
Le refus de la misère, de la pauvreté c’est aussi de dire « STOP à la magouille politicienne ! » C’est cela aussi, mettre fin à la violence de la misère. Tout le monde peut être concerné demain de loin ou de près par des faits identiques.
La solidarité est une arme, la classe politique en a fait sienne. Eh Bien, nous aussi, prenons les armes et battons-nous ! Si nous sommes nombreux, nous vaincrons « la magouille ». Regroupons-nous pour dire : assez de p’tits contrats magouilles — qui constituent le portefeuille des politiciens à chaque période électorale. Des emplois pérennes, c’est possible, des exemples, il n’en manque pas notamment à travers l’environnement. L’association Déclic Solidarité Krénos en est précurseur dans les possibilités de créations.


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