Luttes sociales

« Non à l’austérité »

Défilé du 1er mai à La Réunion

Céline Tabou / 2 mai 2014

Le 1er mai a été une nouvelle occasion pour les syndicats de dénoncer la politique d’austérité du gouvernement de Manuel Valls. Unanimité des syndicalistes : l’austérité est bien là. Cette "politique d’austérité se concrétise par l’ANI et le Pacte de responsabilité », a expliqué Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR.

« Le pacte n’est pas bon, l’ANI n’est pas bon », a assuré Ivan Hoareau de la CGTR. Ce dernier et les représentants des syndicats FO, FSU et Solidaires ont pointé du doigt l’Accord National Interpersonnel, qui « règle la rigidité du travail par de la flexibilité », et le Pacte de responsabilité, qui « dit que le coût du travail est trop élevé et veut donc le baisser », a indiqué le syndicaliste de la CGTR.

Deux axes de batailles

Voté mardi 29 avril, le Pacte de responsabilité et de stabilité, annoncé le 16 avril, est décrié par une partie des députés socialistes, ainsi que l’aile Gauche du PS et l’ensemble des organisations de Gauche, tels que le Parti de Gauche et EELV. Parmi les points de contestations, les économies annoncées de 50 milliards qui « toucheront en priorité les classes et couches sociales défavorisées », et les travailleurs les plus démunis.

« Ce 1er mai a un gout amer, notamment après le vote du Pacte de responsabilité de Manuel Valls, qui va rendre encore plus pauvre les pauvres de La Réunion. On arrive à la fin d’un système économique et social, il faut le rassemblement des réunionnais », dans le but « d’envahir les rue. Il faut retourner dans le chemin », a expliqué Max Banon, de la CGTR.

En effet, au delà du Pacte de responsabilité, les syndicats dénoncent l’Accord National Interprofessionnel utilisé pour « casser la rigidité du code du travail ». Signé le 11 janvier 2013, cet accord permet une flexibilité du travail, des mobilités internes, des réductions de salaires ou encore une augmentation du temps de travail. Un texte vivement contesté par les syndicats depuis 2012, mais qui est le socle de la politique de François Hollande, qui y a ajouté le Pacte de responsabilité.

Une politique contre les plus démunis

Porte-parole du Parti Communiste Réunionnais, Maurice Gironcel a indiqué que l’« on parle souvent de fête mais c’est surtout une lutte ». « Aujourd’hui, il reste encore d’énormes difficultés en matière de chômage et de pouvoir d’achat ».

D’autant plus « quand on voit la politique d’austérité de Manuel Valls, qui va avoir des conséquences sur les plus faibles, les travailleurs, les travailleurs aux bas revenus et aussi les retraités », a indiqué le secrétaire général du PCR.

Concernant les retraites Maurice Gironcel a déploré la faiblesse des revenus des retraités, dont beaucoup ont défilé ce 1er mai à Saint Denis. En effet, plusieurs syndicalistes ont dénoncé le gel des prestations sociales qui « constitue une programmation d’une baisse de pouvoir d’achat », a indiqué FO.

Le syndicat a d’ailleurs fustigé les décisions gouvernementales qui « vont pénaliser lourdement les plus défavorisés et accroitre les inégalités, la précarisation et la pauvreté ». Pour le syndicat étudiant, l’UNEF, « les jeunes ont de plus en plus de mal à financer leurs études », a expliqué Stéphane Maillot. Une précarisation des étudiants vivement dénoncée par le jeune syndicaliste, qui a assuré que « la mobilisation est difficile dans un mouvement d’alternance ».


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