Luttes sociales

« Nos dirigeants n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation sociale »

Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion

Témoignages.re / 29 février 2012

Dans un communiqué diffusé hier sous la signature de son président Gilles Leperlier, l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER) constate que dans l’accord signé hier, les monopoles ne lâchent presque rien tandis que l’État ne met pas un euro sur la table et que les collectivités font le plus gros effort. « Toutes ces mesures confortent les abus qui sont faits dans notre île, pire, les encouragent : les dirigeants ont de toute évidence choisi leur camp », affirme l’AJFER.

« Ces derniers jours, notre île a connu des manifestations importantes qui traduisent un malaise social profond. Ce mouvement, parti du prix des produits pétroliers, est très vite arrivé sur la question de la cherté de la vie et d’une manière plus globale est devenu un mouvement pour l’amélioration des conditions de vie. Nous avons eu l’occasion d’entendre notamment à travers les médias, de nombreuses revendications qui, au-delà des prix, intègrent la question de l’emploi. Le ras-le-bol de la population et plus particulièrement des jeunes de cette société où, avec ou sans emploi, chacun éprouve de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts.

Face à cette situation, les Réunionnaises et les Réunionnais attendent de véritables mesures pour améliorer d’une manière globale leur quotidien : les dirigeants qui ne l’ont pas compris, n’ont rien compris.
Visiblement, le Préfet de La Réunion ainsi que les présidents des collectivités locales font partie de ceux qui n’ont rien compris.
Comment peut-on sérieusement imaginer qu’une telle crise structurelle pourrait se résorber avec une simple liste de soixante produits ?

De plus, alors que des bénéfices indécents ne profitent qu’à une élite à la tête de grands groupes, à la fois dans la grande distribution ou encore dans l’industrie pétrolière, les dirigeants de notre pays ont choisi de faire payer la plus grande partie de la baisse des prix des produits par la population via les collectivités locales.
Ce sont elles en effet qui consentent au plus grand effort, loin de l’objectif de baisse réelle des prix, on instaure un paiement indirect.
Pendant ce temps, l’Etat particulièrement doué pour lancer des appels au calme ne met pas un euro sur la table.

Toutes ces mesures confortent les abus qui sont faits dans notre île, pire, les encouragent : les dirigeants ont de toute évidence choisi leur camp.
Manifestement, le but n’était pas de trouver des solutions au mal-être général de la population, à court et long terme mais bel et bien d’acheter la paix sociale, à l’approche d’échéances électorales décisives.
Au final, nos dirigeants n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation sociale ».


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