Luttes sociales

« Nous attendons du gouvernement l’annulation de la suppression de 147 postes »

Intersyndicale de l’éducation

Cinthia Fontaine / 30 août 2012

L’intersyndicale de l’éducation organisait hier une conférence de presse afin de remettre l’accent sur la suppression des 147 postes dans l’Académie de La Réunion pour cette année scolaire.

« Malgré la restitution de 15 postes par le nouveau gouvernement, c’est la poursuite de l’hémorragie entamée il y a 5 ans par l’ancien gouvernement qui continue. En effet, ce sont 147 postes du 1er et 2e degré dans l’enseignement comme dans l’administratif qui ont été supprimés cette année. Cela se rajoute aux 500 postes qui ont déjà été supprimés en 5 ans », explique Patrick Corré de la CGTR Éduc’action. « Ceci est préjudiciable au bon fonctionnement des établissements ce qui impacte sur l’enseignement et donc l’avenir des enfants ». L’intersyndicale de l’éducation, composée de la CGTR Éduc’action, le SAIPER-PASS 974, la CFTC, SUD Éducation, le SNE-CSEN, le SNUIPP-FSU, demande l’annulation de ces suppressions et un plan de rattrapage renforcé. Elle interpelle les députés et parlementaires réunionnais afin de mettre en place un correctif budgétaire afin de restituer ces 147 emplois et de prévoir le rétablissement des postes supprimés ces dernières années.
« 15 postes ont été restitués dans l’Académie, soit le même nombre qu’à Paris. Lorsqu’on connaît le niveau d’évaluation des CE2 dans les DOM, il est évident qu’il n’y a pas d’effort de fait pour les DOM. Pourtant, nous avons un besoin de rattrapage important et particulier, de même il faut qu’il y ait un taux d’encadrement égal à la métropole », souligne Didier Debals de la SAIPER-PASS 974. « Le nouveau gouvernement a fait des promesses, le discours a changé, il est vrai, mais pour l’instant nous n’avons pas vu les actes ». Il est évident que ça ne pourra se faire en 1 an, mais il existe une vraie attente de rattrapage dès la prochaine année, mais il ne faut pas non plus que cela soit au détriment des autres services de la Fonction publique soulignent les délégués du SNUIPP.

Pour une titularisation des emplois aidés

Pour l’intersyndicale de l’éducation, la question des emplois aidés a occulté ce problème de suppression de postes à la rentrée. Elle ne milite d’ailleurs pas pour les emplois aidés qui devrait pour elle être transformés en emploi statutaire. Ce sont des postes qui ne répondent pas véritablement au besoin éducatif des établissements et qui entretiennent la précarité. « Il faut partager les richesses pas la pauvreté », souligne Patrick Corré. Pour l’intersyndicale, le renouvellement constant des contrats assorti d’un manque de formation des emplois aidés occasionne de nombreuses difficultés de fonctionnement dans les établissements. Pour les AVS (Assistante de vie scolaire) par exemple dont le rôle est d’accompagner les enfants porteurs de handicaps, ces changements peuvent provoquer chez ces enfants des pertes de repères qui nuisent à leur scolarité. De plus, la diversification des contrats génère des situations compliquées où pour le même travail, le salaire peut passer du simple au double. Cela crée une hiérarchisation qui n’a pas lieu d’être. De même, il manque de lisibilité dans l’attribution des contrats. Toutes ces raisons, explique l’intersyndicale ainsi que la raréfaction de l’emploi statutaire et l’avancée de la précarité au sein du personnel de l’éducation ne vont pas dans le sens de l’efficacité. « C’est pour cela que nous sommes pour remplacer les précaires par des titulaires », conclut l’intersyndicale.

CF

Débrayage au LP Patu de Rosemont

Un communiqué du SNUEP-FSU revient sur le mouvement de protestation dans le lycée de Saint-Benoît.

"Mercredi 29 août, les personnels du LP Patu de Rosemont ont débrayé une heure pour protester contre les agressions dont ont été victimes 2 enseignants de l’établissement hier dans la journée. La plus violente a nécessité un arrêt de travail pour l’enseignante molestée, mais la virulence verbale, les insultes et les menaces dont a fait l’objet la seconde ne sont pas plus acceptables. Les personnels ont fait un bilan des difficultés rencontrées, non seulement depuis la rentrée, mais les années précédentes aussi et se laissent le temps de la réflexion pour voir quelles suites données à leur contestation."


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